L'Enel, société pour la production et la distribution d'électricité, a présenté début mai sa décision d'augmenter de près de 20% l'utilisation du charbon dans le cadre de la production d'énergie en Italie. Disposant de sept centrales à charbon, une huitième est en construction à Civitavecchia, près de Rome. Le charbon est en effet une des sources d'énergie les plus utilisées dans le monde, devant le gaz, le pétrole et le nucléaire. C'est une source énergétique économique, abondante, et qui ne se trouve pas au centre d'enjeux géopolitiques. Le charbon est encore produit par de nombreux pays de tous les continents qui, en concurrence, respectent des prix tout à fait compétitifs par rapport aux autres sources énergétiques, et son approvisionnement est de plus sans risque (le charbon est non explosif et non polluant pour le sol ni pour l'eau). Il est également possible aujourd'hui d'éliminer complètement les émissions nocives issues de la combustion du charbon, comme les oxydes d'azote et les poussières. Les centrales italiennes sont équipées à cet effet et respectent les normes pour l'environnement. Seul les émissions de dioxyde de carbone, principal responsable de l'effet de serre, pose encore des problèmes dans la lutte contre la pollution. En Europe, l'utilisation du charbon a augmenté de 50% ces 25 dernières années, et en moyenne 32% de l'énergie électrique dérive du charbon : le taux est de 52% en Allemagne, de 40% en Angleterre et quasi nulle en France, à cause de la prédominance de l'énergie nucléaire. L'Italie, bien que ne disposant d'aucune source énergétique prédominante, utilise elle aussi très peu le charbon : seulement 9% de l'énergie électrique en dépend, comme l'explique le président de l'Assocarboni, Andrea Clavarino. En revanche le pétrole et le gaz, bien plus coûteux, couvrent 70% des demandes énergétiques italiennes (en effet un kilowatt d'énergie produit à partir du charbon coûte 2,18 centimes d'euro, 5,51 centimes à partir du pétrole et 6,34 centimes à partir du méthane). Alors que l'ensemble des pays européens mise pour les années à venir sur le nucléaire et le charbon pour au moins 60% de leur production d'électricité, l'Italie se concentre principalement sur le gaz naturel, qu'elle importe principalement d'Algérie et de Russie. L'Enel tente donc d'inverser cette tendance en misant entre autres sur l'utilisation du charbon.