Les professeurs Toshiyuki KIDA et Misturu AKASHI (laboratoire de chimie organique industrielle, département de chimie appliquée, faculté d'ingénierie, Université d'Osaka) ont développé en collaboration avec Neos, une entreprise de production de produits chimiques, un procédé permettant de récupérer les polychlorobiphényles (PCB) dissous dans l'huile d'une manière simple et peu coûteuse, même à faible concentration. La mise en application est prévue d'ici un an ou deux.
Les PCB sont des produits hautement toxiques, peu biodégradables et très solubles dans les huiles. Ils ont été massivement utilisés mélangés à des huiles comme isolant et lubrifiant dans les transformateurs et générateurs électriques. La production a été interdite en 1972 lorsque la toxicité a été découverte, mais il reste encore plus de 500.000 tonnes de PCB non traitées au Japon, stockées par les compagnies électriques notamment. Or, une loi japonaise impose l'élimination de tous les PCB d'ici 2016. La capacité de traitement actuelle est de 5000 tonnes par an, ce qui est largement insuffisant pour respecter la législation. De plus, la plupart des PCB se trouvent dissous à faible concentration (entre 1 et 100 PPM) dans des huiles usées ce qui renforce la difficulté du retraitement.
Les chercheurs se sont liés à l'entreprise Neos, chargée du traitement des PCB pour la compagnie électrique TEPCO, le plus gros fournisseur d'électricité au Japon, afin de développer une méthode utilisant des cyclodextrines pour capturer les PCB. Les cyclodextrines sont en effet des molécules-cages d'environ 1 nm de diamètre, synthétisées à partir d'amidon végétal, qui encapsulent toutes sortes de molécules. Il existe en effet 209 formes de PCB qui diffèrent par la répartition des atomes de chlore. La méthode développée permet de récupérer toutes les formes de PCB. On fait circuler les huiles polluées aux PCB dans des colonnes saturées de cyclodextrines qui piègent les molécules toxiques. On récupère ainsi des huiles dépolluées d'un côté, et après rinçage aux solvants organiques pour détacher les cyclodextrines, une huile concentrée en PCB. La concentration obtenue est jusqu'à 100 fois plus grande que celle de départ. Cette phase de concentration sera alors suivie d'un traitement usuel de dégradation des PCB qui devient de fait plus efficace, plus économique et plus écologique car pratiqué sur une solution de PBC concentrée. La colonne peut en outre être utilisée plus d'une dizaine de fois et le coût global pour le processus de séparation et de concentration est d'un million de yens par tonne d'huile, ce qui selon le producteur, est bon marché.
Neos compte exploiter la technique le plus rapidement que possible afin de traiter les huiles polluées des compagnies électriques, mais également proposer une licence d'exploitation de la technologie en Europe.