Les PCB, PolyChloroBiphényles, mieux connus sous le nom de pyralènes sont des composés aromatiques organochlorés. Ils sont apparus au début du XXème siècle, et ont été massivement utilisés par l'industrie des années 1930 puisque présentent des qualités de lubrifiants, d'isolants électriques et d'ininflammabilité. Cependant, les PCB persistent dans l'environnement à cause de leur très lente décomposition naturelle et de leur faible solubilité dans l'eau. Ils se sont donc progressivement accumulés dans les sols et les sédiments. Ils peuvent être également retrouvés dans la biomasse animale ou être aéroportés.
Plusieurs facteurs peuvent expliquer le rejet de ces substances dans l'environnement : mauvaise appréhension passée des risques ou encore déversements accidentels. C'est pourquoi, depuis 20 ans les PCB ne sont plus utilisés dans la fabrication d'appareils en Europe.
Dès 1980 en Norvège, les PCB sont devenus une priorité des toxines environnementales. Leur utilisation a alors été rendue interdite. Comme à l'échelle mondiale, l'émission totale des PCB norvégiens reste inconnue. Mais il est estimé qu'environ 90% de tout le PCB a été éliminé. Durant les années 2003-2008, les efforts norvégiens ont redoublé avec l'aide du plan d'action de réduction des émissions PCB. Ce plan d'action est coordonné par la KLIF Agence du Climat et de la Pollution (anciennement SFT) et fait également partie du plan national de mise en oeuvre pour le suivi de la convention de Stockholm (accord international visant à interdire certains produits polluants).
En 2005, d'importants niveaux de PCB ont été trouvés sur le fonds océanique du territoire russe Pyramiden (Svalbard). En 2007, le gouverneur du Svalbard a alors fait la demande au "Geological Survey of Norway" de rechercher les sources de PCB sur le territoire. Un financement du ministère de l'environnement a été alloué pour 2008 et 2009, qui devrait être prolongé à 2010. Les trois principaux buts de ce travail sont d'inspecter toutes les sources locales d'expansion du PCB; d'enlever tout l'équipement actuellement utilisé contenant du PCB, particulièrement celui localisé sur les implantations russes et enfin de partager les expériences et contribuer à la coopération internationale pour prévenir la contamination au PCB.
Dans un premier temps, une étude sur les sources locales de PCB et de leurs voies de dispersion sur les territoires ont été menées afin de résumer le statut des connaissances et de la gestion des déchets au Svalbard. Ainsi en juin 2009, à Istfjorden, une expédition spéciale pollution a été menée. Les résultats préliminaires montrent qu'il y a des sources substantielles et actives de PCB sur les zones entre Barentsburg et Pyramiden. Cette pollution va même jusqu'à s'étendre à la mer. La concentration en PCB du fonds océanique a augmenté sur le période 1997-2009. Cette étude a également montré qu'il y a une ou plusieurs sources de DDT à Barentsburg. Dans un second temps, la phase d'élimination progressive des PCB à Barentsburg et Pyramiden a consisté en l'élimination totale des luminaires contenant des PCB. Il s'est avéré nécessaire de poursuivre le projet afin d'établir une infrastructure et un système de collecte, de stockage, d'emballage, d'étiquetage et de livraison de déchets dangereux à Barentsburg.
La contamination longue portée est probablement la plus importante source de PCB au Svalbard, mais même les sources locales se sont avérées importantes. Il est aussi nécessaire de travailler pour une réduction de la répartition des toxines environnementales à une échelle globale et de prendre l'initiative d'établir une coopération internationale en particulier en sensibilisant et impliquant la Russie et la Chine en plus d'autres pays des régions nordiques entourant l'Arctique. Il y a aussi un désir d'utiliser l'expérience du projet Svalbard afin d'influencer l'élimination progressive des PCB et d'améliorer la prévention dans les zones qui contribuent le plus à la contamination de l'Arctique et du Svalbard.
Fin décembre 2009, le gouverneur du Svalbard a rendu un rapport annuel des mesures prises au Svalbard quant à la contamination aux PCB. Il rend compte d'un besoin identifié des mesures et de recherches plus approfondies. L'administration du Svalbard travaille ainsi sur une régulation locale quant aux besoins de cartes environnementales et de démolition de bâtiments. Ainsi les sources locales de contamination aux PCB seront éliminées autant que possible.
En 2010, l'étude va continuer en établissant dans un premier temps un bon système de gestion des déchets à Barentsburg, spécialement pour les déchets dangereux. A l'été 2010, NGU (Geological Survey of Norway) tiendra un nouveau séminaire de travail afin de mettre à jour le rapport établi en 2008 afin de compléter les mesures et lacunes des connaissances.