Les clés à ouverture centralisée se sont depuis longtemps largement démocratisées dans le domaine de l'automobile. Un luxe dont aucun conducteur ne pourrait plus se passer. Pourtant le système inclus dans les clés comporte de nombreuses failles de conception.
En effet, certaines méthodes de vols de voitures consistent aujourd'hui à enregistrer le signal émis par la clé d'origine et à le transférer dans une clé factice. Les constructeurs automobiles ont certes mis au point des algorithmes protégeant l'information contenue dans le signal, seulement ceux-ci ne sont pas assez puissants. Ainsi des informaticiens peu scrupuleux réussissent à cracker les codes dans un délai minimum de 1 ou 2 ans. Alerté par le phénomène, les constructeurs automobiles s'efforcent de recréer de nouveaux algorithmes plus sûrs mais tout de même inspirés des prédécesseurs. C'est là où réside le problème ; en effet, les algorithmes développés sont toujours symétriques ; autrement dit, le code informatique protégeant la clé et la voiture sont identiques. Ainsi une fois l'algorithme piraté, la clé factice donne accès à toutes les voitures issues de la ligne de production.
Les chercheurs de l'Institut Fraunhofer des technologies de l'information sécurisée (SIT, [1]), situé à Garching en Bavière, ont développé pour la première fois un algorithme asymétrique. Johann Heyszl explique que "dans chaque clé à ouverture centralisée se cache un deuxième code qui rend le système asymétrique plus sécurisé". Jusque là, cette nouvelle technique était très gourmande en énergie. Seulement Johann Heyszl vient de trouver la parade : "Nous avons développé une puce cryptographique qui consomme remarquablement peu d'énergie grâce à un nouveau protocole plus efficace en terme de calcul et de transmission de données". Ainsi, l'équipe a réussi à concevoir une clé plus sécurisée tout en utilisant la même architecture et les mêmes batteries que pour les anciennes clés. A la suite d'une série d'essais, le dispositif devrait également renforcer la sécurité de l'anti-démarrage codé.
Un prototype fonctionnel sera présenté par la Société Fraunhofer au salon Embedded World [2], du 2 au 4 mars à Nuremberg (Bavière).