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BE Chine 86 >> 25/02/2010
Energie
L'innovation de la technologie nucléaire chinoise
http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/62357.htm
Fin 2009, la République de Corée fait un pas en avant sur le marché international en se portant acquéreur d'un contrat de 20 milliards de dollars en énergie nucléaire avec les Emirats Arabes Unis. Le service d'état nucléaire chinois (SNPTC) fait savoir son regret que la Chine ne soit pas suffisamment présente dans l'exportation de technologie nucléaire. Car, même si la Chine et la Corée du Sud ont entrepris de développer l'énergie nucléaire en même temps, au début des années 70, la Chine accuse aujourd'hui un certain retard en matière d'innovation et d'indépendance technologique nucléaires.
Cependant au cours de l'année 2009, la Chine a porté l'accent sur l'innovation et la mise au point de réacteurs de troisième génération. Son plan prévoit de produire 3 des 4 unités de production de réacteurs les plus avancés dans le monde, dont le système EPR en eau pressurisée et la technologie AP1000. Sur cette base de projets, la Chine cherche à développer sa propre technologie, et à améliorer son réacteur CAP1400.
Depuis ces 30 dernières années la Chine a fait de grands efforts dans l'industrie de l'énergie nucléaire, mais reste frustrée face à son impuissance à innover et créer sa propre indépendance et propriétés intellectuelle en technologie nucléaire. Actuellement le pays possède 11 unités nucléaires de production d'électricité, basées sur des technologies diversifiées, dont la technologie française (Dayawan Guangdong Nuclear Power Station), la technologie russe (Jiangsu centrale nucléaire Tianwan), la technologie canadienne (Qinshan Nuclear Power Station, stage 3), et la technologie chinoise de deuxième génération (Qinshan Nuclear Power Station, stage 1).
Il est maintenant urgent que la Chine décide de l'orientation à donner à son développement énergétique. Fin 2006, le gouvernement avait examiné la situation et décidé d'unifier les différentes approches technologiques pour la construction de centrales nucléaires, grâce à la compréhension et l'absorption des technologies étrangères (sic). Elle se porte acquéreuse de la technologie américaine AP1000 la plus avancée (3ème génération), alors que les Etats-Unis ne produisent pas encore sur leurs propres terres cette unité. De nombreuses personnes ont donc exprimé leurs inquiétudes quant à la fiabilité et viabilité de cette technologie. La Chine a décidé de prendre l'initiative d'introduire la technologie AP1000 en raison d'économies de coûts et du fait de ne pouvoir attendre la validation de cette technologie sur le sol américain qui lui ferait ainsi perdre une possibilité de prééminence sur cette technologie. Aussi, la Chine se dit ne pas être concernée par la nécessité des améliorations de sécurité que le gouvernement américain réclame avant d'adoption de l'AP1000. Finalement, la première unité de production AP1000 sera mise en service en 2016 aux Etats-Unis, trois ans plus tard que la Chine.
L'unité de production n°1 de la centrale Sanmen Nuclear Power a été mise en construction en mars 2009. Il s'agit de la première unité génératrice AP1000 en construction dans le monde. Elle devrait être opérationnelle en août 2013. L'unité de production n°2 à Sanmen et deux autres unités de production dans le Shandong (Haiyang nuclear central) sont prévues pour 2014, et suivies en tant que projet de développement visant à améliorer la technologie AP1000. Les ingénieurs chinois ont réussi à maîtriser cinq technologies de base grâce au transfert de la technologie nucléaire introduite. Le SNPTC affirme que la Chine est en mesure de produire localement 55% des équipements technologiques clés.
L'introduction de la technologie AP1000 est tout simplement la première étape dans le cadre du développement de l'indépendance chinoise en matière de centrales électriques nucléaires. L'objectif est d'acquérir la technologie américaine AP1000 et, sur cette base, faire des innovations pour développer à grande échelle une technologie plus pointue sous propriété intellectuelle chinoise nommée CAP1400 (1400 Watts).
Pour atteindre cet objectif, le SNPTC a mis en place une stratégie en trois étapes de développement. - Dans un premier temps, le SNPTC introduit la technologie étrangère par la construction des quatre unités génératrices AP1000 en zones côtières, en vue de maîtriser l'essentiel de cette technologie et d'aller vers le projet de développer de façon indépendante une technologie nucléaire. - Dans un second temps, concevoir de manière standardisée des centrales nucléaires AP1000 dans les zones intérieures. - Enfin, le SNPTC réalisera tous azimuts des innovations pour concevoir le CAP1400 à l'aide de projets pilotes, et lancer par la suite la construction à grande échelle.
D'ici 2020, la Chine a besoin d'installer de 70 à 80 millions de kilowatts d'énergie nucléaire, pour une capacité électrique de 5% du total de la production électrique du pays. Actuellement, les unités de production installées sont de deuxième et troisième générations.
La première unité CAP1400 sera située à Shidaowan Rongcheng, à l'est de la Chine dans la province du Shandong, investie conjointement par la SNPTC et la China Huaneng Corporation. A ce jour, l'évaluation et l'analyse du rapport de sécurité du site et les études d'impact environnemental ont été terminées. Selon le calendrier prévu, la centrale nucléaire devrait être mise en construction en 2013 et produire de l'électricité en 2017.
Source :
Xinhuanet, 18/02/10, http://news.xinhuanet.com/english2010/china/2010-02/18/c_13178421.htm
Rédacteur :
Xavier HERENT, xavier.herent@ambafrance-cn.org
Origine : BE Chine numéro 86 (25/02/2010) - Ambassade de France en Chine / ADIT - http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/62357.htm

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