Une étude menée par les scientifiques du centre de Heilongjiang de contrôle des maladies, montrerait pour la première fois au niveau mondial, le mécanisme de l'apparition de l'insuffisance rénale due à la mélamine, ses caractères pathologiques et les conditions de formation des cristaux rénaux. Les résultats de ces recherches permettent de fournir d'importantes données scientifiques pour évaluer le risque de la mélamine, et fixer ainsi le taux maximum acceptable de mélamine dans les aliments et les fourrages.
En 2008, plus de 13.000 enfants chinois ont été hospitalisés après avoir consommé du lait maternisé contaminé à la mélamine. Cette dernière avait été ajoutée pour accroître la teneur apparente du lait en protéines.
Le chercheur Wang Yuyan et son équipe ont mené des tests sur des rats de laboratoire afin d'étudier la cristallisation de la mélamine dans les reins. Le mécanisme est le suivant : la mélamine se transforme partiellement en acide cyanurique sous l'effet catalytique de l'acide gastrique présent dans l'estomac. Il y a ensuite formation de cristaux de mélamine et d'acide cyanurique. Ces cristaux remplissent le tube rénal, aboutissant à l'augmentation de volume et de poids des reins. La compression de la paroi du tube rénal qui en résulte, conduit à une diminution de l'apport sanguin artériel au niveau des reins (ischémie rénale). Par ailleurs, les cristaux de mélamine et d'acide cyanurique peuvent entraîner certaines altérations pathologiques et susciter des troubles de fonction, provoquant finalement l'insuffisance rénale.
Wang Yuyan a recouru aux technologies de détection par rayons X pour identifier les composants des cristaux néphrotoxiques.