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BE Italie 80 >> 15/03/2010
Santé
Inauguration du CNAO, le centre italien d'hadronthérapie oncologique
http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/62607.htm
L'activité du Centre Italien d'Hadronthérapie Oncologique (CNAO) a débuté. Inauguré le 15 février dernier, le centre passe à la phase d'expérimentation en mars et accueillera les premiers patients en octobre.
L'hadronthérapie est une méthode curative contre le cancer, qui au lieu d'utiliser des rayons X comme la radiothérapie, utilise d'autres particules. Le CNAO utilisera aussi bien des protons que des ions carbone, accélérés par le synchrotron réalisé par l'Institut National de Physique Nucléaire (INFN). Ce centre sera le deuxième en Europe, et un des seuls au monde à réaliser des traitements avec ces deux types de particules. Le coeur du CNAO est l'accélérateur de particule, qui est très proche de ceux utilisés dans la recherche des constituants primaires de la matière.
Le fonctionnement du synchrotron :
Les faisceaux de protons et d'ions carbone naissent à l'intérieur de la circonférence du synchrotron, dans des zones appelées "sources". Il s'agit en fait de plasmas, dans lesquels sont injectés des gaz dont les atomes perdent une grande partie de leurs électrons au contact avec le plasma. En chauffant le gaz, les électrons des couches extérieures sont arrachés lors des collisions entre particules, donnant naissance à un gaz ionisé, le plasma. A l'aide de champs magnétiques et de radiofréquences, il est possible d'extraire et de sélectionner les protons et les ions carbone. Naissent alors des "paquets" de faisceaux, composés chacun de 10 à 10000 milliards de particules. Au départ, les paquets de protons voyagent à environ 30000 km/s pour atteindre environ 183000 km/s lors de la phase d'énergie maximale (250 MeV). Les ions carbone quant à eux, atteignent les 213000 km/s pendant leur phase d'énergie maximale qui est de 400 MeV.
Après avoir été accélérés et avoir atteint l'énergie nécessaire pour la thérapie, les faisceaux sont répartis dans les trois salles de traitement. Dans celle du milieu se trouve, "suspendu" au-dessus du patient, un aimant de 100 tonnes, qui sert à courber le faisceau de particules à 90° pour le diriger sur le corps de la personne à soigner. Le faisceau qui attaque les cellules malades est une sorte de "pinceau" qui se déplace plus ou moins comme un canon à électrons d'un téléviseur et agit avec une précision de 200 microns (2 dixièmes de millimètre). Cette précision est garantie non seulement par un monitorage continu en trois dimensions du patient, afin de suivre les éventuels mouvements du corps (la respiration par exemple) qui peuvent changer la position de la tumeur, mais aussi par deux aimants de scannérisation, qui déplacent le "pinceau" le long de la tumeur, sur la base des indications du monitorage. Ce prototype, réalisé par l'INFN, doit son extrême précision en partie aux multiples collaborations avec le CERN, le GSI (Allemagne), le LPSC (France) et l'Université de Pavie.
Le principe de l'hadronthérapie :
C'est une technique développée depuis peu pour le traitement des tumeurs, et elle représente aujourd'hui une thérapie complémentaire et non pas substitutive de celles conventionnelles. Ce qui la différencie, c'est le type de particules utilisées, qui sont plus lourdes que celles impliquées dans la radioathérapie. L'utilisation des hadrons présente comme avantages principaux: l'efficacité et la précision. L'efficacité est due au poids des particules (plus important que pour les électrons et les photons utilisés dans la radiothérapie), qui permet aux particules d'arriver plus en profondeur avant de relâcher leur énergie. Lorsqu'elles attaquent la cellule malade, elles parviennent à rejoindre son ADN dans beaucoup de cas, provoquant des dégâts multiples irréparables. Les différents types d'hadrons ont des degrés d'efficacité différents sur la cellule malade. Le choix entre protons et ions carbone dépend du type de tumeur et de la situation clinique du patient. La précision de l'hadronthérapie est due au fait que les hadrons peuvent être pilotés pour frapper quasiment uniquement les cellules malades, minimisant ainsi les dégâts dans les tissus sains.
Pour en savoir plus, contacts :
Eleonora Cossi, Service Communications de l'INFN - Tél : (+39) 066868162 - email : eleonora.cossi@presid.infn.it
Source :
Communiqué de l'INFN : http://www.infn.it/news/news.php?id=559
Rédacteur :
Jean-Charles Tropato - jean-charles.tropato@diplomatie.gouv.fr
Origine : BE Italie numéro 80 (15/03/2010) - Ambassade de France en Italie / ADIT - http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/62607.htm

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