Une équipe de scientifiques de l'Université d'Oxford, dirigée par le professeur Adrian Hill, a développé une technique peu coûteuse permettant la préservation et la conservation de virus à des températures ne nécessitant pas de réfrigération, et cela pour une durée allant jusqu'à six mois.
Ces scientifiques, dont le projet était financé par la Bill and Melinda Gates Foundation, ont travaillé sur des vecteurs viraux recombinants associés aux adénovirus et poxvirus, deux types de virus présentant les plus grands potentiels pour le développement de nouveaux vaccins contre des maladies telles que le paludisme, la tuberculose ou encore le VIH-SIDA. Les vecteurs viraux recombinants utilisés comme vaccins contre ces maladies sont développés à partir de virus vivants, car leur efficacité dépend de la conservation de leur capacité infectieuse. Par conséquent, cette conservation devait jusqu'à présent se faire à des températures réfrigérées pour conserver leur stabilité, viabilité et pour éviter leur dégradation. Or cette nécessité est, pour des raisons non seulement techniques mais également de coûts, bien souvent extrêmement difficile à mettre en oeuvre dans les pays les plus pauvres où l'on retrouve la majorité de cas de ces maladies mortelles.
L'objectif du projet était d'exploiter la capacité de deux sucres à être vitrifiés par dessiccation et de développer ainsi une technique de stabilisation thermique pour ces vecteurs viraux recombinants utilisés comme vaccins. A cet effet, les scientifiques ont utilisé deux sucres, le sucrose et le tréhalose, connus pour leurs propriétés stabilisantes et cryoprotectrices de produits biologiques. La technique a consisté à dessécher de manière lente, à température ambiante et sur des membranes de type buvard, la forme recombinante du virus contenue dans la solution composée de ces deux sucres. Lors de ce processus, une pellicule de verre ultra-fine est déposée sur les fibres de la matrice de buvard inerte, immobilisant ainsi les vecteurs viraux qui pourront être utilisés comme vaccins. Six mois plus tard, ayant été conservés à des températures pouvant atteindre 45 °C, la reconstitution de ces vaccins démontrait qu'ils n'avaient perdu qu'une proportion minimale de leur titrage et de leur immunogénicité (le titrage représente la quantité de virus recombinant au sein de la solution et l'immunogénicité la capacité du virus à induire une réaction immunologique). Deux vaccins distincts ont été testés par cette équipe à l'Université d'Oxford, l'adénovirus humain de type 5 dont les séquences E1/E3 avaient été supprimées d'une part, et le virus modifié Ankara d'autre part.
Enfin, cette équipe de scientifiques a également développé un support, attaché à une seringue, au sein duquel peut être inséré le vaccin stabilisé, ce qui permet une reconstitution presque immédiate et simultanée à l'injection chez le patient.