Une étude commune aux équipes scientifiques du laboratoire d'écologie alpine de Grenoble et du museum d'histoire naturelle de Madrid vient d'être publiée dans Nature (16/02/2011). Elle traite des effets du réchauffement climatique en Europe et conclut que la Norvège (et la Scandinavie en général) devrait avoir une plus grande diversité génétique dans le futur. De la même manière, les zones montagneuses du Sud de l'Europe (les Alpes) pourraient avoir une faune et une flore plus riche.
Le réchauffement climatique entraînerait la diminution globale de la biodiversité au Sud de l'Europe. En Europe du Nord, la plus grande diversité de faune et flore ne compenserait cependant pas les pertes d'espèces dans le Sud. Ainsi on s'attend à une diminution de la biodiversité sur le continent. Les espèces adaptées au climat sud-européen actuel seront en effet forcées de migrer vers le Nord pour retrouver un climat qui leur est favorable. Ainsi Wilfried Thuillier, chercheur de l'université Joseph Fourier de Grenoble, dit que la Norvège devrait abriter des espèces actuellement en France, en Allemagne et au Danemark.
Les modèles construits par les chercheurs sont basés sur 1280 plantes, 340 oiseaux et 140 mammifères trouvés en Europe à l'heure actuelle. Une étude sur l'adaptation des espèces à de nouveaux habitats a ainsi été menée. La quantification de la biodiversité peut se faire de différentes façons, la plus facile étant de compter les espèces présentes sur une région délimitée. L'étude publiée par Nature utilise une méthode différente, à savoir quantifier les variations entre des espèces génétiquement différentes. Cette méthode de calcul est encore appelée "diversité phylogénétique".
Les montagnes norvégiennes font partie des régions où l'on s'attend à un changement notable. L'écologue Kari Klanderud de l'université de Bergen et de l'université des sciences de la vie de As a référencé les espèces présentes il y a 80 ans jusqu'à aujourd'hui. Dans cette étude sur la diversité des espèces (et non phylogénétique), Klanderud a déjà observé des changements.
Sigmund Hågvar de l'université des sciences de la vie d'As a lui aussi longtemps étudié l'effet du réchauffement climatique et la biodiversité. Il pense que le réchauffement climatique va probablement augmenter la diversité à l'échelle locale, mais qu'il y a cependant un risque d'extinction lorsque les espèces voyagent vers un nouvel habitat. Dans l'étude publiée dans Nature, 3 modèles climatiques différents et 4 scenarii d'émissions de gaz à effet de serre différents ont été testés. Les scientifiques ont cherché à savoir comment le déclin attendu de la biodiversité se fera par rapport à certaines plantes ou animaux en Europe. Le but était également de déterminer quelles espèces viendraient à disparaître.
Actuellement les pays d'Europe du Nord présentent une plus faible diversité génétique comparés aux pays du Sud de l'Europe. Cette tendance pourrait donc être inversée au cours du siècle avec une perte d'espèces dans les pays du Sud.