Bien qu'il existe encore quelques possibilités de construction de nouvelles centrales hydroélectriques en Norvège, ce potentiel est cependant limité comparé aux développements de ces 20 dernières années. L'extension, la modernisation et la réhabilitation des centrales existantes sont envisagées, mais ne permettront pas de couvrir à long terme la demande nationale croissante en énergie.
D'autres sources d'énergies, centrales à gaz et énergies renouvelables, sont envisagées pour étendre la capacité de production. La production et l'exportation norvégienne de gaz naturel depuis les années 70 permettrait a priori de rendre attractive la production d'électricité par centrale thermique à gaz. Cependant, les accords de Kyoto et les enjeux politiques et environnementaux concernant les rejets de gaz à effet de serre dans l'atmosphère ont provoqué la mise en attente de plusieurs projets de construction et de mise en oeuvre de telles centrales. Ces choix énergétiques sont au coeur du débat de politique intérieure, la question de la construction de centrales à gaz ayant en particulier en 2000 conduit à la chute du gouvernement. Les sources d'énergie renouvelables (éolienne, hydrogène, biomasse) constituent des éléments de solutions technologiques visant à réduire la production de gaz à effet de serre, et peuvent permettre à terme d'accroître la rentabilité de la production énergétique par rapport aux énergies fossiles classiques.
Située au fond du Kvalsund, étroit bras de mer situé à l'extrême nord de la Norvège, la première usine marémotrice du pays est sur le point d'être installée. Son développement par l'entreprise norvégienne Hammerfest Strom AS avait abouti à une demande de brevet déposée au début de l'année 2001 (cf. Oslo Science et technologie, mars 2001 et octobre 2002). Ce type de centrale électrique constitue une innovation au niveau mondial, car bien que la technologie sur laquelle est fondée le principe de fonctionnement de ces "éoliennes sous-marines" ou "hydroliennes" soit basée sur celle des turbines utilisées dans les éoliennes classiques, l'innovation réside en l'espèce dans leur implantation sous-marine. Les turbines ont ainsi été adaptées pour les courants sous-marins et les changements de marées. Les premières expérimentations ont débuté en novembre 2002 et finiront en 2004. Si les résultats sont concluants, une installation de 20 "éoliennes" sous-marines sera mise en place sur le site de Kvalsund dont l'intérêt est de présenter des marées d'intensité assez modérée et des courants faiblement turbulents. La programmation du changement de direction des pales des "éoliennes" est facilitée par le fait que les changements de marées (toutes les six heures) sont parfaitement prévisibles contrairement aux changements de direction du vent.
Par ailleurs, un système hybride éolienne/système H2 comprenant un procédé de conversion de l'énergie éolienne et une électrolyse couplée à une pile à combustible, a été testé en Norvège (cf. Oslo Science et technologie, "Système hybride de production d'énergie renouvelable pour îles et régions isolées", août 2002). Ce pays a la particularité de posséder 660 îles habitées, totalisant une population d'un peu plus de 140.000 habitants (soit 3% de la population totale). Certaines de ces îles de petite taille ne possèdent pas de centre de production d'énergie in situ. Des câbles sous-marins d'alimentation en électricité sont donc nécessaires pour les approvisionner en énergie. Les systèmes éolienne/H2 pourraient constituer à terme une alternative intéressante. Une étude économique a démontré que le marché de ces installations hybrides, estimé de 500 à 700 millions de dollars en 2005, pourrait atteindre 25 milliards de dollars à plus long terme. La viabilité de ce nouveau système dans le contexte local a été testée sur l'île d'Utsira, située sur la côte ouest de la Norvège. Cette technologie s'avère viable pour les besoins énergétiques de l'île, particulièrement en hiver lorsqu'ils sont démultipliés. En effet, l'efficacité énergétique du système éolienne/H2 peut être renforcée en le couplant avec une pompe à chaleur, pour laquelle la mer environnante, avec une température moyenne de 4 à 12 degrés tout au long de l'année, constitue une source constante de chaleur. De plus, l'utilisation de la biomasse pour le chauffage ou la production d'électricité peut également être envisagée pour accroître le rendement énergétique du procédé. Son utilisation a été comparée avec celle d'un générateur de courant fonctionnant au diesel : le système hybride éolienne/H2 nécessite un investissement quatre fois plus élevé que le système classique. Cependant, l'étude conclut qu'à moyen terme, les systèmes hybrides basés sur l'utilisation de l'hydrogène seront économiquement viables s'ils sont couplés à une ou plusieurs techniques de production de chaleur ou d'électricité.
La solution des énergies renouvelables est donc momentanément privilégiée, pour l'essentiel à ce stade par le développement de l'énergie éolienne. Un rapport prévisionnel de 1998 estimait envisageable un développement à long terme de l'énergie éolienne à une capacité de 12 TWh par an, l'objectif fixé à moyen terme étant d'atteindre 3 TWh/an en 2010. L'Administration norvégienne de l'eau et de l'énergie (NVE) a autorisé le producteur national d'énergie électrique Statkraft à construire 3 centrales d'énergie éolienne de grande taille, à Smøla dans le département du Møre (72 turbines), à Stad, Fjordane (35 turbines) et Hitra dans le Sør-Trøndelag (28 turbines). Ensemble, les trois parcs d'énergie électrique produiront jusqu'à 800 GWh, ce qui représente plus que l'énergie produite par les constructions déjà existantes comme celle d'Øvre Otta ou du réseau d'Alta. A elle seule, la structure de Smøla pourra produire 440 GWh. La construction, qui devrait être achevée en 2006, nécessite un investissement public d'environ 500 MNOK. Cependant, le Ministère de la Défense norvégien vient très récemment de signifier son désaccord quant à la construction du parc éolien de Stadlandet, et de ceux situés dans le Finnmark. Cette position pourrait remettre en cause le projet de développement de centrales de production d'énergie éolienne établi par Statkraft. Le développement du parc de production d'énergie de Smøla, le plus important, a pour sa part débuté en 2001 et continue comme planifié.
Les autres sources de production d'énergie sont issues du recyclage de la chaleur dégagée par certains procédés industriels (en particulier dans l'industrie métallurgique, où le potentiel de production est estimé à environ 1 TWh par an), et dans les centrales électriques associées à des usines d'incinération d'ordures ménagères et de déchets (environ 50 GWh en 1998). Par ailleurs, la géothermie est parfois utilisée pour certains systèmes de chauffage en Norvège. La température de l'eau pompée se situe aux alentours de 80°C et constitue alors une source énergétique distribuée dans l'habitat à chauffer (ce procédé est actuellement utilisé pour chauffer le nouvel Hôpital National, le Rikshospitalet, situé à Oslo).