Même si elle n'est pas un sucre, l'aspartame ne met pas les personnes diabétiques qui pratiquent une activité physique à l'abri des variations du taux de glucose sanguin qui peuvent conduire à l'hypoglycémie. En fait, ce produit "imite" si bien le sucre de table qu'il parvient à "tromper" non seulement les papilles gustatives, mais également le système qui contrôle le taux de glucose sanguin (glycémie). Les chercheurs savent depuis plusieurs années que, chez les diabétiques (type 2), la pratique d'une activité physique après un repas induit de plus fortes variations de la glycémie qu'une séance d'exercices effectuée à jeun. Dans les deux premières heures qui suivent un repas, la glycémie des diabétiques s'élève - surtout si les aliments consommés sont riches en sucres - et elle redescend rapidement s'il y a activité physique. Plus la glycémie atteint un niveau élevé, plus les risques subséquents d'hypoglycémie induits par l'exercice augmentent. Pour savoir si les aliments qui contiennent des succédanés du sucre comme l'aspartame provoquent eux aussi ces montagnes russes glycémiques, des chercheurs du centre de recherche de l'Hôpital Laval à Québec ont invité dix sujets diabétiques à une séance d'entraînement de 60 min. sur ergocycle. Cette séance se déroulait à jeun ou deux heures après un repas sucré avec du sucrose (sucre de table) ou de l'aspartame. Même si le contenu calorifique du plat contenant de l'aspartame était 20% plus faible que celui sucré au sucrose, les deux repas ont provoqué une hausse similaire de la glycémie, suivie par une baisse rapide coïncidant avec le début de la séance d'exercices. De leur côté, les sujets à jeun n'ont pas subi de variations significatives de glycémie. Le cerveau réagit à un repas contenant de l'aspartame comme s'il s'agissait de sucre. Ces résultats réaffirment l'efficacité de la pratique régulière de l'activité physique comme moyen de contrôle de la glycémie. Ils démontrent aussi que la pratique de l'activité physique à jeun ne pose pas de problème pour le contrôle de la glycémie. Pour ce qui est de l'exercice après un repas, les personnes diabétiques doivent savoir que leur glycémie risque de baisser rapidement, surtout si elle est élevée au départ, si l'exercice est vigoureux et si le diabète est sévère. L'important est d'anticiper ce qui peut se produire et de ne pas croire que l'aspartame peut prémunir des variations importantes de glycémie. Les chercheurs ignorent pour l'instant si les autres succédanés du sucre produisent le même effet que l'aspartame chez les sujets diabétiques actifs.