Au ministère fédéral de l'enseignement et de la recherche (BMBF) règne depuis quelques jours une ambiance de crise en raison de la volonté de la CDU/CSU de déplacer à l'avenir une grosse partie des départements de la recherche de ce ministère vers le ministère de l'économie et des technologies. Ceci permettra au chef de la CSU, Edmund Stoiber, d'obtenir le "super-ministère" qu'il souhaitait. L'inquiétude était si grande le 13 octobre dernier que pour la première fois, la ministre de la recherche Mme Bulmahn a saisi son parti. Selon elle, l'écartèlement prévu par l'Union serait fatal pour les performances d'enseignement et de recherche. Effectivement, le Ministère de l'enseignement et de la recherche pourrait perdre la moitié de son budget si Stoiber réalise ce qu'il souhaite faire. Ainsi l'aéronautique et le spatial (département IV) avec un budget de 3 milliards d'euros par an devraient être déplacés vers son ministère ainsi que tout le département V qui s'occupe des nouvelles technologies. Des trois départements de recherche du ministère, un seul resterait intact à savoir celui qui concerne la génomique. En raison du déménagement de Bonn à Berlin des domaines du spatial et des nouvelles technologies, le département des relations internationales est menacé de devoir partir également. Certains fonctionnaires affirment qu'il serait plus adéquat de dissoudre le Ministère et de nommer Annette Schavan (future Ministre de l'Enseignement et de la recherche du nouveau gouvernement) Ministre de la culture et de l'enseignement sans portefeuille. Car l'enseignement et les sciences sont également menacés de n'être plus du ressort du ministère si le SPD et l'Union se mettent d'accord pour que les quelques compétences qui restaient encore au niveau fédéral concernant l'enseignement soient transférées au niveau des Länder. S'il en est ainsi, le ministère n'aura "plus aucun poids ni aucune influence" prévient Bulmahn. Schavan devrait entrer en négociation avec Stoiber pour éviter le pire. Cependant, il est peu vraisemblable qu'elle parvienne à enlever des compétences de recherche à Stoiber en particulier pour le spatial puisque toutes les entreprises aéronautiques ont leur siège en Bavière. Certaines personnalités scientifiques ont déjà vivement réagi à cette restructuration des ministères et notamment Jürgen Mlynek, président de la société Helmoltz des centres de recherche allemands, qui affirme que cet éparpillement des compétences risque de nuire gravement à la capacité d'innovation en Allemagne.
Handelsblatt - 14/10/2005, Tagesspiegel - 17/10/2005, Dépêche idw, communiqué de presse de la société Helmoltz des centres de recherche allemands - 17/10/2005