Le diable de Tasmanie (Sarcophilus harrisi) est un marsupial carnivore de la taille d'un petit chien qui vit exclusivement en Tasmanie. Cependant la survie de cette espèce semble compromise par la propagation rapide d'une maladie infectieuse apparue il y a moins de dix ans. La maladie se manifeste par le développement d'une tumeur cancéreuse sur la face et le cou qui empêche l'animal de se nourrir entraînant ainsi sa mort. La moitié de l'île est maintenant touchée et on estime que, dans certaines régions, 80% des diables sont morts. Une étude menée par des chercheurs du Ministère de l'industrie, eau et environnement de l'Etat de la Tasmanie (Tasmania's Department of Primary Industries, Water and Environment) et de l'Université de Tasmanie aidera peut-être à enrayer l'épidémie. Selon les chercheurs, la maladie se propagerait par allogreffe c'est-à-dire que les cellules mutantes tumorales se détacheraient de la tumeur d'un diable malade lorsqu'il se bat ou joue et seraient "transplantées" par morsure chez l'adversaire ou partenaire où elles se développeraient alors en tumeur mortelle. L'étude des chromosomes a révélé l'existence d'anomalies chromosomiques complexes dans les cellules cancéreuses des 11 animaux infectés étudiés. Cette uniformité ne se rencontre pas dans le cas de maladies transmises par un virus. De plus la découverte chez l'un des sujets d'un chromosome anormal dans ses cellules non tumorales mais absent dans ses cellules cancéreuses indique que la tumeur ne s'était pas développée à partir des tissus du diable en question. La faible diversité génétique de la population aurait affaibli les défenses immunitaires du diable créant ainsi un environnement favorable à la transmission de la lignée de cellules cancéreuses d'un individu à un autre, à la manière d'une épidémie.