Sebastian Schimmelpfennig, scientifique de l'Institut de la protection de l'environnement à la TU de Berlin, a présenté un procédé d'élimination de l'uranium contenu dans l'eau potable. La base du traitement est la technique de filtrage en lit fixe, par laquelle l'uranium est adsorbé par de l'hydroxyde de fer. Celui-ci détient une surface intérieure suffisamment grande pour accueillir les ions d'uranium qui s'y déposent. La difficulté, aussi bien pour l'élimination que pour l'analyse de l'uranium, est le comportement complexe des ions métalliques dans les solutions aqueuses. En fonction du pH, de la teneur en sel et de la présence d'autres composants aqueux, différentes formes d'uranium se forment (ions d'uranium IV, ions d'uranium VI, carbonate, oxyde, phosphate, etc.), et elles adsorbent différemment les oxydes métalliques. Par exemple, si l'eau est très chargée en carbonates, le complexe uranium-carbonate se forme. Mais celui-ci est particulièrement stable et n'adsorbe presque pas. Sebastian Schimmelpfennig a ainsi étudié le comportement de tous les types d'uranium soluble, en fonction des différents paramètres. A l'aide d'une méthode de mesure photométrique, il a pu déterminer la concentration d'uranium avant et après l'adsorption, avec une limite de détection de 3 microgrammes par litre. L'uranium contenu dans l'eau potable a longtemps été considéré comme inoffensif. Les proportions dans lesquelles les ions métalliques sont présents dans l'eau sont tellement faibles que la radioactivité est minime. Toutefois, la toxicité chimique du métal lourd n'est en aucun cas négligeable. Les Etats n'ont toujours pas fixé de limite légale pour les concentrations d'uranium acceptées, mais l'Organisation Mondiale de la Santé a déterminé en 2004 un seuil limite de 15 microgrammes par litre. Cependant, dans certaines parties de l'Allemagne, des valeurs significativement plus élevées ont été mesurées (jusqu'à 100 microgrammes par litre).