L'association des ingénieurs allemands (VDI) craint que l'Allemagne ne perde sa position de leader international du développement technologique. Selon le président du VDI, Eike Lehmann, la renommée du diplôme d'ingénieur allemand est également en jeu. En effet, dans le cadre de la réforme LMD, les Länder convertissent souvent le diplôme d'ingénieur en cursus de "Bachelor" ou "Master" et réduisent le nombre d'heures nécessaires à l'obtention du diplôme. Ce que les ministères de l'éducation ont qualifié de "décrassage" des cursus traditionnels se fait selon M. Lehmann aux dépens de la qualité. Selon lui, "dans un monde soumis à une pression concurrentielle internationale, on ne peut survivre qu'avec des produits de niveau mondial". Ainsi, l'Allemagne a dû céder son leadership pour les écrans plats à l'Asie orientale. L'Allemagne se trouve toutefois encore très en avance dans les secteurs telles que les technologies optiques et les techniques des microsystèmes. Par ailleurs, le VDI estime que 18.000 places d'ingénieurs sont à ce jour inoccupées en raison du manque de main d'oeuvre qualifiée. Le VDI soutient le développement des moyennes entreprises. Par une attribution d'argent plus efficace, les innovations pourraient venir plus rapidement sur le marché. Le VDI, qui rassemble 128.000 membres, a fêté son 150ème anniversaire le 15 mai dernier. L'association a soutenu très tôt les nouvelles technologies ; elle a notamment encouragé, dans les années 1860, les associations de contrôle de chaudière dont l'actuel TUV (organisme de certification et de contrôle technique) est issu.