Des agents pathogènes peuvent contaminer des aliments à haut risque, comme les plats préparés, ce qui représente un danger pour les consommateurs et un important risque de perte économique pour l'entreprise mise en cause. Le produit contaminé doit être retiré du marché, ce qui engendre un coût supplémentaire et l'image de l'entreprise est dégradée. Les méthodes traditionnelles de détection microbiologique requièrent une prise d'échantillon et une culture des microorganismes afin d'effectuer un comptage par la suite. L'identification des agents pathogènes peut prendre de deux jours à une semaine. Des techniques, comme ELISA, sont coûteuses et demandent beaucoup de temps. D'autres méthodes plus récentes, comme la PCR (Polymerase Chain Reaction) sont plus rapides (environ 12 heures) mais demandent des manipulations très complexes et requièrent un personnel qualifié et formé pour les effectuer. Le biocapteur a été mis au point par des chercheurs du Centre de Recherche de Catalogne (CRIC), situé à Barcelone. Ce dispositif bon marché et simple est basé sur des techniques de spectroscopie d'impédance électrochimique et détecte des micro-organismes en quelques minutes. Il est capable de détecter un vaste rang de microorganismes (salmonelles, coliformes...). L'appareil mesure le taux d'hybridation entre les anticorps spécifiques pour chaque microorganisme et les microorganismes présents dans l'échantillon analysé. L'instrument portatif donne des résultats rapidement et peut être utilisé par des ouvriers sans formation spécifique. Le projet appelé Bugcheck a été mené à bien grâce à un financement de l'Union Européenne. Pour l'instant, huit entreprises sont intéressées et collaborent sur ce projet en attendant que le biocapteur sorte sur le marché l'année prochaine.