L'effet de serre ne serait pas la seule cause du réchauffement climatique. Selon Paul Charbonneau, physicien à l'Université de Montréal, il est possible que l'ensemble des phénomènes de la haute atmosphère ayant un effet sur le climat soient touchés par l'activité solaire. La variation de la luminosité provoquée par les taches sombres n'est que de 0,1% sur Terre, soit un taux jugé trop faible par les spécialistes pour influencer directement le climat. Selon le raisonnement de M. Charbonneau, ce jugement serait trop hâtif. "Les taches solaires ne sont qu'une des manifestations de l'activité solaire, souligne-t-il. Il faut tenir compte des autres phénomènes comme les éruptions et le rayonnement. L'augmentation du nombre de taches est associée à une hausse des éruptions, qui émettent des milliards de tonnes de plasma influant sur la chimie de la haute atmosphère". La haute atmosphère est la zone située au-delà de 20 km d'altitude, alors que les observations des climatologues portent sur les phénomènes de la basse atmosphère, qui se produisent à une altitude de 10 à 12 km. "Il y a un trou entre les deux et l'on ne sait pas quelles répercussions les éléments de la haute atmosphère peuvent avoir sur les phénomènes climatiques. Il est possible que l'ensemble des réactions qui s'y produisent soient liées au climat et que ces réactions soient directement influencées par le Soleil". Le professeur appuie cette hypothèse notamment sur les observations de longue date qui ont montré une corrélation entre deux périodes d'absence de taches solaires (de 1400 à 1510 et de 1645 à 1715) et un refroidissement du climat, appelé "petit âge glaciaire", dont l'apogée se situe entre 1570 et 1730.