A la veille de son départ pour la conférence de Nairobi sur le changement climatique, le ministre de l'Environnement, Sigmar Gabriel, a affirmé qu'il était nécessaire de "poser les bases d'un nouvel accord mondial devant succéder au protocole de Kyoto". Consciente de la responsabilité des pays industrialisés, l'Allemagne veut placer la protection du climat et l'efficacité énergétique au coeur de sa présidence à l'Union européenne et du G8. L'objectif est une réduction, d'ici à 2020, des émissions européennes de gaz à effet de serre de 30% par rapport à 1990. Le ministre allemand souligne deux aspects. D'une part, la responsabilité particulière des pays industrialisés : "Si nous ne parvenons pas à [avancer vers la conclusion d'un nouveau protocole], il sera difficile de convaincre les pays émergents et en développement". D'autre part, la nécessité d'aider les pays pauvres à faire face aux conséquences du changement climatique : "Les pays en développement sont ceux qui ont le moins participé au changement climatique, mais ce sont ceux qui pâtissent le plus de ses conséquences. L'Afrique, en particulier, a aujourd'hui besoin d'aide". Pour l'Allemagne, il convient, notamment, de permettre le transfert de technologies environnementales vers ces pays, par exemple dans le domaine du solaire. La politique allemande de réduction des émissions de CO2 est particulièrement ambitieuse : Dans le secteur des transports, le gouvernement souhaite amender la taxe automobile en la basant sur la quantité des gaz rejetés plutôt que sur la cylindrée. Dans le secteur industriel, le nouveau plan national d'allocation des certificats d'émission, nettement plus exigeant que le précédent, prévoit la réduction de 15 millions de tonnes de CO2 par an entre 2008 et 2012. Dans le secteur du bâtiment, un vaste programme de rénovation énergétique, financé à hauteur de 1,4 milliard d'euros par an, a pour objectif de rénover chaque année 5% des bâtiments construits. En ce qui concerne les énergies renouvelables, le gouvernement a multiplié par deux la proportion obligatoire de biocarburants dans l'essence et le diesel et a lancé un vaste plan de construction d'éoliennes offshore. L'ensemble de ses mesures a porté ses fruits puisqu'en fin 2005, l'Allemagne avait réduit de 19% ses émissions de gaz à effet de serre par rapport à 1990. Il est vrai que ce résultat a été facilité par la fermeture des anciennes centrales à l'est du pays, mais il n'empêche que l'Allemagne a démontré le succès de son engagement pour la protection du climat.
- "Nouvelles d'Allemagne", Centre d'Information et de Documentation de l'Ambassade d'Allemagne à Paris - 14/11/2006 - Tagesspiegel - 14/11/2006 - Handelsblatt - 14/11/2006