L'accumulation de sel dans les feuilles du blé entraîne une sénescence prématurée et une diminution de l'activité photosynthétique qui induit une baisse du taux d'assimilation de carbone et donc du rendement. La tolérance des diverses variétés dépend de leur capacité à exclure les ions Na+ du limbe des feuilles.
Le blé dur (Triticum turgidum L. sous-esp. durum Desf.), une variété utilisée pour la fabrication des pâtes alimentaires, est plus sensible au sel que le blé tendre (Triticum aestivum). Cependant une étude récente menée par des biologistes du CSIRO a montré que la lignée 149 de cette variété de blé dur contient deux gènes jouant un rôle essentiel dans l'expulsion des ions Na+ du limbe des feuilles, les gènes Nax1 et Nax2. Dans le but de déterminer les mécanismes physiologiques de ces deux gènes et d'établir leur origine, ils ont ensuite développé des familles contenant un seul des deux gènes et sélectionné les lignées quasi-isogéniques homozygotes.
Les lignées portant soit Nax1 ou Nax2 montrent des taux de transport de Na+ des racines vers la feuille inférieure à ceux de leurs paires quasi-isogéniques et des taux de transport de K+ des racines vers les feuilles supérieurs, conduisant à une augmentation du rapport K/Na dans les feuilles. Le gène Nax1 favorise l'élimination des cations Na+ du xylène à la fois au niveau des racines et de la base des feuilles, alors que cette fonction du gène Nax2 est limitée aux racines.
Le gène Nax1 pourrait être utilisé pour développer du blé qui tolérerait des sols à forte salinité ou des conditions sous lesquelles la fonction des racines est limitée comme dans le cas des sols engorgés.