La découverte d'un fossile complet de poisson datant du dévonien dans la région de Kimberley, au nord de l'Australie Occidentale, va permettre de retracer -et de reconsidérer- les étapes qui ont mené au passage de la vie aquatique à la vie terrestre sur notre planète.
Il s'agit du premier fossile complet de Gogonasus andrewsae, une espèce décrite pour la première fois il y a une vingtaine d'années à partir d'éléments de squelettes découverts dans les formations sédimentaires de Gogo qui a été datée à environ 380 millions d'années. La reconstitution du squelette a été menée par des paléontologues du musée d'histoire naturelle de Melbourne, de l'Université Nationale Australienne et de l'Université Monash.
Le spécimen possède des orifices au niveau de la partie supérieure du crâne qui lui permettaient de respirer lorsqu'il est partiellement submergé. La nageoire antérieure présente un humérus, un radius et un cubitus bien développés qui lui permettaient probablement de se propulser en avant, mais pas de marcher.
Ce nouveau fossile indique que certains des traits associés aux tétrapodes terrestres sont apparus dans l'histoire de l'évolution bien plus tôt qu'on ne le pensait. Deux hypothèses sont à considérer à partir de cette nouvelle étude ; on peut en effet envisager que les premiers animaux terrestres ont évolué à partir de Gogosaurus ou à partir d'espèces apparentées, ou que certaines des caractéristiques ont évolué indépendamment à plusieurs reprises au cours des temps géologiques. En outre, ces fossiles suggèrent que les premiers tétrapodes auraient pu apparaître dans le Gondwana et non dans l'hémisphère nord.