Depuis la publication du dernier rapport du GIEC (Groupe d'experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat), il ne fait plus aucun doute que l'homme est responsable du changement climatique global et ceci sur le long terme. Cependant, un élément nouveau vient d'être apporté au dossier : des scientifiques du Centre de Recherche en Météorologie et Climatologie de Karlsruhe viennent de montrer que l'homme influence aussi les températures, les nuages et les précipitations sur une échelle de temps beaucoup plus courte, à savoir les 7 jours de la semaine.
A la base de cette étude, 6,3 millions de mesures effectuées à partir de 12 stations météorologiques allemandes, sur une période de 15 ans (1991-2005). Une première analyse montre que, quelle que soit la localisation de la station météorologique, région très peuplée ou montagnes éloignées, les températures suivent un rythme hebdomadaire : les maxima sont observés les mercredis avec, en moyenne, une température de 0,2°C supérieure à celle des samedis (minima). D'autres phénomènes climatiques montrent également des variations hebdomadaires, comme la durée d'ensoleillement quotidienne. Celle-ci est maximale en début de semaine, elle est supérieure de 15 minutes, soit 6%, à celle du samedi (minimum). A l'inverse, la couverture nuageuse augmente au cours de la semaine. Enfin, les précipitations et leur fréquence augmentent respectivement de 15 et 10% en fin de semaine.
Etant donné que, dans la nature, aucun procédé ne suit une périodicité calquée sur la répartition des jours ouvrables, seule l'activité humaine peut être responsable de ce cycle hebdomadaire des conditions météorologiques. D'après les scientifiques, tout indique que les aérosols produits par l'homme, comme par exemple la suie (aérosol primaire, c'est-à-dire formé par la dispersion de matière dans l'air) ou les sulfates (aérosols secondaires, formés par la réaction des gaz dans l'atmosphère), sont responsables de ce phénomène. Ces particules et leurs précurseurs gazeux sont émis en grande quantité les jours ouvrables, essentiellement à cause des transports et de l'industrie, et s'accumulent dans l'atmosphère. Puisque les aérosols constituent des noyaux de condensation, c'est-à-dire des particules sur lesquelles peuvent s'accumuler des gouttelettes d'eau issues de la condensation de la vapeur environnante, ils sont à l'origine de la formation de nuages. Ceux-ci deviennent de plus en plus denses au cours de la semaine et empêchent les rayons du soleil de parvenir jusqu'à la terre ferme. Le week-end, les émissions diminuent et l'atmosphère est naturellement nettoyée d'une grande part de ses aérosols, notamment grâce aux précipitations. Le lundi, l'atmosphère a donc fait peau neuve et le soleil est de retour.
Le fait que les aérosols atmosphériques puissent interagir avec les variables climatiques induit un biais dans la modélisation future du climat. Leur étude représente donc une voie d'amélioration dans le pronostic du changement climatique.