Le sarcome de Kaposi (KSVH) est lié à l'infection par l'herpès virus humain HHV8. La forme classique qui provoque des tumeurs cutanées des extrémités chez les personnes âgées fut décrite à la fin du XIXe siècle dans le pourtour méditerranéen. Ce virus qui existe sous forme endémique en Afrique se développe particulièrement chez les individus co-infectés par le VIH et l'HHV8. L'épidémie de sida a donc provoqué une explosion du nombre de cas de sarcomes de Kaposi.
La nature cancérigène du virus a été mise en évidence depuis longtemps mais il n'y a toujours pas de thérapie efficace pour la traiter. Dans l'étude réalisée sur des lymphomes primaires d'effusion (PEL, primary effusion lymphoma) associé au sarcome de Kaposi l'équipe de Päivi Ojala de l'Université de Helsinki démontre que la protéine Nutlin-3a provoque la mort programmée des cellules (apoptose). Nutlin-3a perturbe l'interaction entre la protéine LANA du KSVH et les protéines humaines p53 et MDM2. La libération de p53 entraîne l'apoptose.
Le traitement de souris atteintes de PEL humains par Nutlin-3a induit une régression significative des tumeurs. Nutlin-3a pourrait ainsi offrir une piste thérapeutique pour le traitement d'individus atteints de PEL.