La société Japan Medical Materials Corporation compte effectuer prochainement des tests cliniques sur un nouveau revêtement pour prothèses de hanche qui pourrait présenter une meilleure résistance à l'abrasion que les prothèses revêtues de polyéthylène.
Lors de la pose d'une prothèse, on utilise généralement un revêtement en polyéthylène pour recouvrir la prothèse. Mais, les mouvements de l'articulation entraînent l'abrasion progressive du matériau par frottement, puis la formation de particules de petite taille de polyéthylène dans l'articulation. Cette usure du polymère est inéluctable au bout de quelques années. Ces débris de polyéthylène peuvent déclencher dans certaines conditions des réactions inflammatoires dans le site receveur, aboutissant à la libération de substances ostéolytiques. Les macrophages, dont le rôle est de phagocyter les débris cellulaires et les pathogènes, seraient en cause car on retrouve des macrophages contenant des particules de polyéthylène dans les articulations. Une toxicité des particules de polymère sur les macrophages a été démontrée: les macrophages semblent libérer médiateurs de la résorption osseuse, qui activeraient les ostéoclastes ou les fibroblastes. Par ailleurs, il n'est pas impossible que les macrophages puissent jouer un rôle direct dans la résorption osseuse.
Ces réactions ostéolytiques se développent logiquement à proximité du site d'accumulation des particules, c'est-à-dire au voisinage de la cavité articulaire, mais l'observation clinique a montré que ces réactions d'ostéolyse pouvaient également se développer à distance de la cavité articulaire, y compris sur des implants non descellés. Ceci serait dû a des particules de polyéthylène ayant migré aussi bien à l'interface os/ciment qu'à l'interface métal/ciment, déclenchant une ostéolyse à distance de l'articulation et pouvant causer un descellement de la prothèse. La diffusion des particules de polyéthylène a également été mise en évidence à distance du site d'implantation dans les ganglions, le foie ou la rate des organismes receveurs. Il semble que ces réactions inflammatoires soient plus particulièrement provoquées par des débris de polyéthylène de petite taille.
C'est pour éviter ces problèmes d'ostéolyse secondaire que l'équipe du Pr ISHIHARA Kazuhiko, de l'Université de Tokyo (département d'ingénierie des matériaux), a élaboré un matériau fait de polyéthylène modifié par un polymère phospholipidique, le 2-méthacryloyloxyéthyl phosphoryl-choline (ou MPC) qui viendrait former une couche protectrice du polyéthylène. Ce produit breveté permettrait de réduire sensiblement l'abrasion et donc la présence de débris à l'intérieur de l'articulation, limitant ainsi la survenue de réactions d'ostéolyse. Japan Medical Materials Corporation, une entreprise d'Osaka co-fondée en 2004 par Kobe Steel et Kyocera pour intégrer leurs propres sections de matériels médical et orthopédique, a donc utilisé cette découverte pour fabriquer une prothèse de hanche revêtue de ce polyéthylène modifié par MPC, qui va être maintenant soumise à des essais cliniques.