Un laser du Laboratoire canadien de recherches atmosphériques sur l'environnement polaire (Polar Environment Atmosphere Research Laboratory ou PEARL) à Eureka, au Nunavut, pourrait bientôt apporter un nouvel éclairage sur le changement climatique et sur son rôle dans le réchauffement de la planète. A compter de l'été prochain, ce rayon laser, appelé "lidar", émettra un faisceau lumineux d'une largeur de quatre centimètres qui percera l'obscure nuit polaire sur plusieurs kilomètres au-dessus du PEARL.
Le lidar est similaire au radar : il reçoit l'écho des ondes qu'il émet et qui rebondissent sur les objets placés sur leur trajectoire. Alors que le radar fait appel aux ondes radioélectriques hautes fréquences, le lidar émet une onde lumineuse courte et intense. Dans sa trajectoire ascendante, l'onde est rétrodiffusée par de fines particules atmosphériques (ou aérosols). En comptant le temps nécessaire à l'onde pour revenir au lidar, les chercheurs peuvent mesurer la distance et la longueur d'onde de ces aérosols.
Cet instrument permettra d'accroître l'exactitude des prévisions en matière de changement climatique et aidera les scientifiques à étudier les processus liés à l'échange radiatif au-dessus d'Eureka. L'échange radiatif illustre l'interaction des rayons du soleil avec la surface de la Terre et la couverture nuageuse. Durant l'été, alors que l'Arctique vit sa période de jour polaire, la couverture neigeuse et glaciale réfléchit une proportion importante des rayons solaires dans l'espace. Mais les aérosols et les autres polluants forment des nuages qui emprisonnent les rayons solaires dans l'atmosphère, ce qui contribuerait au réchauffement de la planète. Grâce au lidar, les scientifiques peuvent dorénavant déterminer la quantité d'aérosols présente et savoir d'où ils proviennent.