Biotechnologies Le CNB autorise les recherches sur les cellules souches embryonnaires - Des scientifiques coréens sont sur la piste de nouvelles alternatives dans ce domaine
Le Comité National sur la Bioéthique (CNB), panel présidentiel composé de 20 personnes, qui s'est réuni vendredi 23 mars 2007, vient d'autoriser de manière partielle la recherche sur les cellules souches embryonnaires. Cette décision ouvre à nouveau la voie aux recherches en la matière et ce, après leur suspension suite au scandale HWANG Woo-suk. 12 membres ont donc voté pour cette décision alors que les 7 autres, membres civils du comité, ont refusé de participer au vote pour montrer leur opposition.
En parallèle à cette décision, des chercheurs sud-coréens tentent de trouver des alternatives pour extraire des cellules souches humaines sans avoir à détruire d'embryons. Le professeur HAN Yong-Man qui dirige des recherches au Korea Advanced Institute of Science and Technology (KAIST) est à la tête d'une série de projets soutenus par le gouvernement allant dans ce sens.
Il explique ainsi que les recherches actuelles exploitent deux pistes : - la première consiste à produire des cellules se comportant comme des cellules souches soit en utilisant des spermatozoïdes, soit en inversant le processus de différenciation cellulaire. - la seconde repose sur l'idée de fabriquer des cellules souches au travers de transfert de cellules somatiques entre différentes espèces.
Le Professeur GEUM Dong-Ho de la Korea University est le spécialiste coréen des recherches s'orientant vers la production de cellules similaires aux cellules souches en particulier au travers des processus d'inversion de la phase de différenciation. Selon lui, la communauté des scientifiques travaillant dans ce sens au niveau mondial sera capable de produire des résultats tangibles d'ici à 2017.
Le Pr. KOO Deog-Bon du Korea Research Institute of Bioscience and Biotechnology (KRIBB) est, quant à lui, le principal spécialiste coréen dans le domaine des transferts de cellules souches entre les espèces. Il mène en effet des recherches visant au développement de cellules souches inter-espèces en combinant des cellules de singe et des ovules de vache.
Le développement et le clonage de cellules souches primaires non humaines pourraient accélérer la mise en oeuvre de thérapies cellulaires. Selon lui, les études réalisées en matière de cellules souches inter-espèces peuvent en partie résoudre les problèmes éthiques entourant la fabrication de cellules souches embryonnaires humaines puisqu'elles n'utilisent pas d'ovules humains. Cependant, la méthode du clonage par cellules inter-espèces détruirait également des embryons. En outre, de telles recherches pourraient conduire à de nouvelles controverses en particulier sur le risque de donner naissance à des chimères mi-singe, mi-vache. Pour le Pr. GEUM, ce sont les recherches évitant les controverses éthiques qui prévaudront à l'avenir.
L'église catholique coréenne avait en ce sens déjà exprimé son opposition au développement de cellules souches embryonnaires clonées à partir de cellules somatiques. Elle a, cette fois encore, rappelé son désaccord par la voix de l'évêque du diocèse de Masan, Mgr. AHN Myong-Ok.