Le ministre fédéral de l'environnement, Sigmar Gabriel, a dévoilé son plan d'action contre le réchauffement climatique, s'engageant à réduire les émissions de CO2 en Allemagne de 40% d'ici 2020 par rapport à 1990. Avec cet ambitieux programme, présenté au Bundestag le 26 avril 2007, le gouvernement veut dépasser l'objectif fixé par le Conseil européen du 9 mars 2007 qui vise à réduire les émissions européennes de CO2 de 20% d'ici 2020.
Le plan de Sigmar Gabriel tend à montrer qu'une réduction des émissions est possible même sans recourir à l'énergie nucléaire. Pourtant, au sein du Bundestag, plusieurs députés ont considéré que ce plan était irréaliste. Ainsi, Michael Kauch, porte-parole du parti libéral-démocrate (SPD) pour l'environnement considère que "sortir du nucléaire nuit au climat". Et Katharina Reiche (CDU) affirme qu'une "réduction des émissions de 30% ou plus est impossible sans le recours à l'énergie nucléaire".
Sigmar Gabriel qualifie son plan d'"ambitieux mais réalisable" et propose 8 mesures qui permettront de diminuer les émissions de C02 de 270 millions de tonnes en 2020 par rapport à l'année 2006.
1) Réduire la consommation d'électricité de 11% grâce à une meilleure efficacité énergétique. Cela correspond à une réduction des émissions de 40 millions de tonnes de CO2 par an. Pour motiver les constructeurs, une initiative de type "Top Runner" pourrait être introduite. Selon ce principe, l'appareil le plus économe en énergie fixe, dès son entrée sur le marché, le nouveau standard d'efficacité énergétique. Les autres constructeurs disposent alors d'un temps limité pour atteindre ce standard.
2) Renforcer l'efficacité énergétique des centrales électriques. Une amélioration du rendement des centrales à charbon et une utilisation renforcée des centrales à gaz permettrait une économie de 30 millions de tonnes de CO2. Afin d'encourager les investissements vers ces technologies plus propres, le gouvernement envisage de ne plus délivrer gratuitement tous les permis d'émissions pour les nouvelles centrales mais d'en mettre une partie aux enchères (jusqu'à 10%).
3) Augmenter la part des énergies renouvelables dans la production d'électricité à plus de 27% (contre 11,8% aujourd'hui). Le gouvernement envisage ici essentiellement l'utilisation de la biomasse et de l'énergie éolienne. Economie de CO2 : 55 millions de tonnes.
4) Continuer de développer les technologies de cogénération (production combinée de chaleur et d'électricité). Economie de CO2 : 20 millions de tonnes.
5) Moderniser les anciens bâtiments et leurs installations de chauffage ainsi que renforcer de 30% les standards énergétiques des nouveaux bâtiments permettrait d'économiser 41 millions de tonnes de CO2.
6) Augmenter la part des énergies renouvelables dans la production de chaleur grâce au solaire thermique et à la géothermie. L'objectif, d'ici 2020 est de couvrir 14% de la production de chaleur à l'aide des énergies renouvelables, c'est-à-dire une économie de 14 millions de tonnes de CO2.
7) Améliorer l'efficacité dans les transports. En améliorant le rendement des moteurs, en limitant leur puissance et en incitant à des conduites plus économes, les émissions des véhicules particuliers pourraient être diminuées de 40%. La part des biocarburants doit être augmentée à 17% d'ici 2020. De plus, le transport aérien doit être intégrer au commerce des émissions. L'ensemble de ces mesures permettrait d'économiser 30 millions de tonnes de CO2.
8) Réduire les émissions des autres gaz à effet de serre tel que le méthane. Economie de CO2: 40 millions de tonnes.