Jurgen Smeenk, doctorant à l'Université Radboud de Nimègue, a reproduit, dans la bactérie Escherichia coli, un polypeptide responsable de la résistance du fil de soie naturelle. Ce polypeptide se compose d'unités d'alanine, de glycine et d'acide glutamique. Des unités de glycol polyéthylènique responsable de l'élasticité de la fibre ont été placées aux deux extrémités de la molécule.
La nanofibre synthétisée a une structure plate en feuillets bêta, identique à celle de la soie naturelle. L'objectif final est de reproduire, avec plusieurs polypeptides, une fibre de soie complète. Des polypeptides de dix, vingt et trente unités ont déjà été synthétisés et examinés au microscope atomique. A partir de ces analyses, un modèle de structure a été établi, dans lequel les polypeptides apparaissent assemblés dans une structure en feuillets bêta dans le sens longitudinal de la fibre. Cette structure serait probablement responsable de la résistance de la fibre, mais le modèle n'a pas encore été validé. Pour cela, la fibre doit être analysée par diffraction des rayons X. Des peptides plus longs doivent également être synthétisés pour vérifier la stabilité de la largeur de la fibre.
Par ailleurs, les caractéristiques mécaniques de la fibre n'ont pas encore été étudiées. Il n'est donc pas prouvé que le polymère développé soit aussi résistant que la soie naturelle.