Un agent antimicrobien à large spectre d'action, créé par des savants russes, permet le traitement des blessures et ne provoque pas d'accoutumance des microorganismes.
La préparation mise au point par les scientifiques de l'Institut de biochimie et de physiologie des microorganismes G.K. Skriabine permet d'éviter le recours aux antibiotiques, qui malgré leur intérêt antimicrobien entraînent le développement de souches résistantes, et donc une fuite en avant vers des antibiotiques toujours plus puissants.
La préparation, appelée lysoamidase [Lizoamidaza], se présente sous la forme d'un composé d'enzymes et de polyholoside. Les enzymes détruisent les glycoprotéines formant la paroi cellulaire et la chitine composant la membrane de champignons pathogènes. Le polyholoside accélère la stimulation immunitaire et la cicatrisation. Enfin les enzymes protéolytiques assurent l'élimination des tissus désséchés, privant les bactéries pathogènes de nourriture.
Ce remarquable produit est synthétisé par des bactéries lysobacter [Lizobakter]. Les scientifiques cherchent actuellement à améliorer la méthode d'obtention. Un brevet a été octroyé en 2002 sur une nouvelle souche plus efficace. La lysoamidase a passé tous les essais cliniques et est enregistrée par les services sanitaires russes. Elle a été mise en application avec succès pour des traitements en cliniques superficiels et profonds, y compris dans le cas de blessures postopératoires. La préparation agit sur les champignons comme sur les bactéries, et prive ses adversaires de la possibilité de s'adapter par mutation.
Dans les années 80 la lysoamidase était vendue dans des pharmacies soviétiques, mais depuis, la production a cessé. Les scientifiques promettent que l'amélioration des conditions de sa production et la baisse de son prix la rendront compétitive. Il reste seulement à en lancer la production.