Quel est l'élément moteur de l'ensemble de la chaîne alimentaire ? Le premier maillon (les prédateurs) ou le dernier (les plantes) ? La réponse à cette question est particulièrement importante dans le Nord, où les créatures sont si peu nombreuses que la disparition d'un seul maillon de la chaîne alimentaire pourrait nuire à la fois aux prédateurs et aux plantes. Dans le cadre de l'API, une équipe de chercheurs internationaux dirigée notamment par Gilles Gauthier, biologiste à l'Université Laval, se dispersera au Yukon, au Nunavut et au nord du Manitoba. Le projet ArcticWOLVES (Arctic Wildlife Observatories Linking Vulnerable EcoSystems) dressera la carte des prédateurs, des proies et des plantes que l'on retrouve à divers endroits dans la toundra arctique et étudiera comment les changements climatiques peuvent modifier leurs relations.
"Il faut déterminer ce qui a la plus grande influence sur la chaîne alimentaire avant de pouvoir faire des prévisions au sujet des changements climatiques, affirme M.Gauthier. Si les plantes dominent la chaîne alimentaire, certaines espèces prospéreront alors que d'autres mourront des effets du réchauffement de l'Arctique. Les herbivores qui se nourrissent de ces plantes changeront lentement et, de fait, leurs prédateurs changeront aussi. Toutefois, si ce sont les prédateurs qui exercent une plus grande influence, les répercussions des changements climatiques modifieront leur incidence sur les herbivores, et ainsi de suite jusqu'aux plantes". De plus, ces changements auront des répercussions directes sur les autochtones de ces territoires puisqu'ils dépendent de la chasse pour se nourrir et pour le commerce.
- Gilles Gauthier, Département de biologie, Université Laval - tél : +1 418 656-2131, poste 5507 - email : gilles.gauthier@bio.ulaval.ca - Michael Dwyer, Agent des relations avec les médias et des affaires publiques, Affaires publiques du CRSNG - tél : +1 613-992-9001 - email : michael.dwyer@crsng.ca