Aucun incident dans les centrales nucléaires allemandes n'est caché à l'opinion publique. Les exploitants des installations, les ministères de l'environnement des Länder et l'office fédéral de radioprotection (BfS) tiennent un registre précis de tous les écarts constatés par rapport à l'exploitation normale.
Le Bund surveille les centrales nucléaires privées, les installations scientifiques et médicales et possède également ses propres réacteurs de recherche, ainsi qu'une installation de retraitement des déchets. Il s'occupe lui-même du démantèlement de ces installations. En outre, le Bund possède deux centres de stockage définitif arrêtés (Asse II et Morsleben), de même que le plus grand entrepôt actuel de déchets à faible activité d'Allemagne, situé au centre de recherche de Karlsruhe (FZK).
Force est de constater qu'il est beaucoup plus difficile de trouver des informations sur les installations administrées par l'Etat que sur ce qui se passe dans les centrales nucléaires gérées par des exploitants privés. Sur les pages du BfS, aucune mention n'est faite sur les centres d'entreposage publics de déchets radioactifs.
La mine d'Asse est sans doute l'exemple le plus frappant du manque de transparence des informations qui s'y rapportent. Entre 1967 et 1978, près de 125.000 fûts de déchets à faible activité y ont été stockés, prétendument à des fins expérimentales. En raison de constantes irruptions d'eau, cette mine n'aurait aujourd'hui aucune chance d'être autorisée comme centre de stockage définitif. Il est néanmoins prévu de la remplir et de la refermer en raison de la "marchandise stockée à l'essai" qui s'y trouve encore. De telles négligences n'ont jamais été constatées chez les exploitants privés de centrales nucléaires.