Les voitures embarquent de plus en plus d'équipements électroniques et il n'y a pas de contraintes trop fortes en place et en alimentation pour en ajouter encore. Cette constatation est à l'origine de deux projets de réseaux sans-fil, où des véhiculent servent de noeuds dans un réseau ad-hoc mobile de type VANET (Vehicular ad-hoc NEtwork). Les applications sont nombreuses : gestion du trafic en temps réel, informations sur les accidents ou création d'un réseau de secours en cas de catastrophe majeure.
L'université de Californie (UCLA) a déjà réalisé une première version d'un système qui pourrait révolutionner l'échange d'informations entre véhicules. Des voitures ont été équipées avec des capteurs et des routeurs sur leur toit et dans les pare-chocs, transformant ainsi chaque véhicule en un noeud de réseau pouvant communiquer, avec une portée allant de 100 à 300 mètres. Des stations de base peuvent aussi être installées sur le bord de la route pour échanger des informations avec l'ensemble du réseau. Les communications s'appuient sur le protocole Dedicated Short Range Communication (DSRC), validé fin 2003 par la FCC pour ce type d'application, en utilisant la bande de fréquence 5.850-5.925 GHz. Les premiers tests ont été positifs, et l'équipe en charge du projet compte passer à la vitesse supérieure en développant un prototype à plus grande échelle : C-Vet (Campus Vehicle Testbed). Ce réseau sera financé par la la NSF et va impliquer cinq campus de l'UCLA et plusieurs universités, dont l'University of Southern California et l'University of Delaware. Le Department of Transportation de Californie (CalTrans) surveille de près ce projet, intéressé par la plus-value d'une information en temps réel du trafic pour l'organisation des secours et l'entretien des axes routiers.
De leur côté, le gouvernement américain et des industriels regroupés dans le Vehicle Infrastructure Integration Consortium (VII-C), démarrent une phase de test sur un réseau de même type (DSRC et Roadside Units), après plusieurs années de travaux préparatoires puis des démonstrations en 2006. Le but est de réduire le nombre d'accidents sur la route en partageant des données sur l'état des véhicules et sur le trafic, l'achèvement du projet étant prévu à l'horizon 2017. Les premières voitures ont été équipées avec des PC renforcés basés sur une plate-forme Celeron et tournant sous une distribution Linux Wind River. Ce prototype est le premier à être évalué aux environs de Detroit, où une vingtaine de systèmes équivalents doivent faire leurs preuves.
Même si les technologies utilisées ici sont de plus en plus matures, nous risquons de devoir attendre encore un moment leur mise en oeuvre sur nos voitures. Il faudra notamment que le grand public accepte que des informations sur leur véhicule soient échangées avec d'autres usagers. Les industriels de l'automobile devront aussi se montrer coopératifs pour équiper leurs voitures avec un tel système. Au final, l'adoption rapide par les consommateurs dépendra surtout des services qui seront proposés.