L'Afrique du Sud, de riche biodiversité végétale, recèle plus de 24000 plantes indigènes, soit 10% des espèces aériennes de la planète. Celles traditionnellement utilisées pour leurs vertus curatives, très nombreuses, sont systématiquement testées par le groupe de recherche en bioprospective du Council for Scientific and Industrial Research (CSIR) qui s'intéresse à la conversion de médicaments africains traditionnels, par un nombre minimal d'étapes, en médicaments phytothérapiques modernes.
Les formulations pharmaceutiques, souvent basées sur des composés nouveaux dérivés des médicaments traditionnels, sont brevetables: un accord avec les guérisseurs traditionnels les associe à l'invention en cas de retombées financières. Un consortium de recherche a été constitué avec le SANBI (South African National Biodiversity Institute), le MRC (Medical Research Council), l'Université du Cap, l'Université du KwaZulu Natal, le comité des guérisseurs traditionnels (Traditional Healers Committee), et le Conseil des San (South African San Council). De plus, des collaborations existent avec le National Cancer Institute (Etats-Unis), l'Université de Louvain et la Fondation Esperanza (Suisse). En plus de l'isolation et de la caractérisation des molécules actives, le groupe propose un ensemble de bonnes pratiques (Good Manufacturing Practice) pour la fourniture des extraits de plante destinés aux essais cliniques.
A ce jour, plus de 11.000 plantes indigènes ont été rassemblées et conservées par le SANBI et plus de 32.000 extraits ont été préparés et stockés. Le groupe a identifié plus de 250 médicaments potentiels. Parmi eux le BP4, un nouveau médicament pour le traitement de longue durée de l'asthme et des allergies : des essais in vivo sur des rats asthmatiques ont montré une réduction modérée de la broncho-constriction et une diminution significative des médiateurs pro-inflammatoires et inflammatoires tels que la cytokine Interleukine-8 (IL-8).
Le BP 16 est un anti-inflammatoire soulageant l'arthrite. Deux composés isolés vont faire l'objet d'une étude pré-clinique : ils ont montré in vitro une activité significative anti-plasmodiale sur des souches de Plasmodium falciparum sensible ou insensible à la chloroquine. Trois molécules possèdent, à la fois, une activité antivirale significative et une toxicité limitée mises en évidence dans un essai de cytoprotection contre HIV effectué simultanément aux Etats-Unis et en Afrique du Sud. Ces molécules font l'objet d'une étude pré-clinique.
A ce jour, le plus grand succès résulte d'un agent naturel contre l'obésité dérivé de l'hoodia: il sera le premier produit commercialisé et largement distribué.