Les chercheurs de l'Institut Catalan de Paléoécologie Humaine et de l'Evolution Sociale (IPHES) ainsi que ceux du département de Préhistoire de l'Université Rovira i Virgili (URV) de Taragona ont découvert les restes d'un Mammuthus Meridionalis, un éléphant méridional aujourd'hui éteint. Cette découverte est d'autant plus importante que les paléontologues possèdent peu d'informations sur cette espèce. Le gisement a été localisé sur le site de La Boella, entre La Canonja et Taragona.
A côté des restes, deux molaires de mammouth ont été trouvées. Bienvenido Martinez, chercheur à l'ICREA (Institut Catalan de Recherche et d'Etudes Avancées) qui est associé à l'IPHES, a montré que ces deux dents sont les troisièmes molaires supérieures, de droite et de gauche, d'un Mammuthus Meridionalis, c'est à dire la même espèce que l'animal trouvé. Mais les examens préliminaires ne permettent pas, pour l'instant, de déterminer si elles appartiennent ou non aux autres ossements. Grâce aux dents il est possible de dater le gisement à un million d'années. Les pièces dentales ont des couronnes très basses, de quatorze à quinze lames. Ces exemplaires ont été observés sur la forme tardive des Mammuthus Meriodionalis, ceux qui vécurent il y a 800.000 à un million d'années.
Le Mammuthus Meridionalis est un éléphant de grande dimension pouvant mesurer jusqu'à 4.5m de hauteur. Il est connu pour ses longues défenses ou canines qui possédaient plusieurs courbures et pouvait peser jusqu'à douze tonnes c'est-à-dire le double des éléphants actuels. Il avait besoin de territoires qui regorgeaient d'eau. L'animal a vécu en Eurasie il y a 2.5 millions d'années et jusqu'à 800.000 ans avant notre ère. Avec l'étude des restes de La Boella, Jordi Agusti, chercheur de l'IPHES, espère réaliser une datation plus précise.
Un peu plus haut, des restes du mammouth, des silex et un puits agricole rempli de matériel romain en céramique ont été déterrés. Cela prouve qu'il y a un demi million d'années, des Hommes ont habité cette zone. Josep Vallverdú, responsable des fouilles et membres du IPHES-URV, explique que cette découverte est très importante car elle va permettre de mieux comprendre les premiers mouvements migratoires des Hommes qui sont venus d'Afrique il y a un million d'années.
Se sont les pluies de cet hiver qui ont permis de découvrir les restes crâniens, les dents et les défenses de l'éléphant. Les excavations de La Boella devraient se terminer d'ici quelques jours.
Josep Vallverdú - Instituto Catalán de Paleoecología Humana y Evolución Social (IPHES) - Calle Escorxador, s/n - 43 003 Tarragona - tél : +34.977.55.87.03 - email : rsospedra@prehistoria.urv.net - web : http://prehistoria.urv.net