Les producteurs de semences OGM ont protesté début décembre contre un amendement de la loi hongroise qui rend la culture d'OGM presque impossible. Le parlement a approuvé un amendement qui restreint les conditions de plantation d'OGM. Avec cette nouvelle loi, une zone tampon de 400 mètres doit séparer les champs OGM des champs adjacents pour éviter les pollinisations croisées. Tous les propriétaires de terrain à l'intérieur de cette zone tampon doivent également donner une permission écrite pour la plantation de ces semences.
Cette loi est qualifiée de "plus stricte d'Europe". Les semenciers estiment que ces règles peuvent empêcher la Hongrie de devenir un leader régional de la production agricole et que cette loi empêche les agriculteurs de faire pousser des quantités importantes d'OGM car une grande partie des terrains est divisée en petits lots ou est gérée par des coopératives.
De plus, la Hongrie, producteur majeur de maïs, a mis en place un moratoire sur les semences de maïs MON 810 produites par Monsanto, en dépit de l'autorisation de l'Union Européenne pour planter cette variété. La Commission Européenne exerce une certaine pression sur la Hongrie pour annuler ce moratoire. Elle a déposé une requête demandant à la Hongrie de lever la "clause de sauvegarde" appliquée depuis 2005. Les ministres européens de l'Environnement ont rejeté cette requête en février 2007 (à la majorité qualifiée des 27 Etats membres). Ils avaient déjà rejeté en décembre une demande de Bruxelles pour lever une clause de sauvegarde de l'Autriche sur le même maïs.
Selon la législation européenne, un Etat membre a le droit d'appliquer une clause de sauvegarde temporaire contre un OGM en invoquant de nouvelles informations scientifiques mettant en doute l'inocuité de ces produits. Mais l'Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA) a déjà jugé à deux reprises "infondées scientifiquement" les argumentations hongroise et autrichienne, estimant n'avoir "aucune raison de croire" à ses "effets négatifs sur la santé humaine, animale ou sur l'environnement". Forte de ces avis, la Commission a donc demandé aux Etats membres de voter la levée de ces clauses, mais en vain.
Depuis, le gouvernement allemand a également suspendu par un décret du 27 avril la commercialisation de semences de maïs OGM MON 810. En France, les ministres de l'Ecologie et de l'Agriculture ont demandé à la Commission du génie biomoléculaire un nouvel avis sur cette variété de maïs.