Deux grands groupes, Toho Titanium et Sumitomo Titanium, ont développé le premier procédé continu d'extraction de titane. Cette méthode permettrait de réaliser une économie de 30% des frais d'exploitation. Les deux entreprises espèrent la mettre en pratique d'ici 2010.
Dans la méthode d'extraction classique appelée procédé de Kroll, le titane contenu dans le minerai subit une chloration, puis le chlorure de titane obtenu est réduit avec du magnésium liquide. On récupère alors un solide poreux, communément appelé "éponge de titane" qu'il faut broyer pour obtenir du titane métallique pur. Ce procédé nécessite une forte main d'oeuvre pour extraire l'éponge, puis incorporer de nouveaux réactifs.
Le processus nouvellement développé réalise la réduction avec du calcium liquide, ce qui permet de produire directement des paillettes de titane métallique pur. Il devient alors possible d'éliminer le titane obtenu au fur et à mesure, et donc d'effectuer l'extraction en continu. Ceci permet d'augmenter la vitesse d'extraction et donc de réaliser des économies d'énergies, mais aussi de réduire les besoins en main d'oeuvre de 30 à 40%. Le prix de revient du titane ainsi obtenu est donc plus faible qu'avec le procédé classique.
Le titane est un matériau stratégique dans les domaines de l'aéronautique, du spatial, de l'automobile, de l'énergie, du militaire etc. Il est contenu dans de nombreux minerais mais, ce qui fait sa rareté et donc son coût élevé, est la difficulté de l'extraire. Ce sont donc les pays détenteurs des meilleurs procédés d'extraction qui régissent le marché du titane. Les grands producteurs actuels sont le Japon avec 30 à 40% des parts de marché, les Etats-Unis et la Russie, mais l'émergence de la production des pays comme la Chine ou l'Inde est une réelle menace. Cette nouvelle méthode permettrait alors au Japon de garder sa place de leader. C'est la première fois qu'un autre procédé d'extraction est proposé depuis la mise au point de celui de Kroll en 1945.
Selon une étude du METI, Ministère de l'économie et du commerce et de l'industrie japonais, avec l'adoption de ce procédé, le marché du titane en 2030 serait 4 fois supérieur à celui de 2005. Il serait alors possible d'introduire le titane dans la confection des produits courants.