Seuls 28% des développements informatiques initiés ont une chance d'être finalisés. Telle est l'une des conclusions d'une étude statistique réalisée outre-Atlantique. A Montpellier, au sein du Cemagref, la thèse d'André Miralles a montré toute l'importance de la phase d'analyse d'une application informatique sur la réussite d'un projet. C'est en effet le moment où les connaissances et les exigences des acteurs sont transmises au concepteur de logiciel. Dans ce contexte, une méthode de conduite de projet très interactive, baptisée "Continuous Integration Unified Process" (CUIP) a été mise au point. Celle-ci consiste à générer des prototypes, autrement dit des sortes de modèles réduits de l'application finale, au cours des séances d'analyses. Ainsi, au fil de l'avancement du projet, les nouveaux concepts et besoins des acteurs sont aussitôt pris en compte dans la version actualisée du prototype.
Le chercheur de Montpellier a également optimisé la capitalisation des connaissances en généralisant l'idée de séparation des concepts dits "thématiques" de ceux liés au développement informatique. Pour ce faire, il a conçu et implémenté le Software Development Process Model (SDPM) qui permet d'assurer la cohérence de l'ensemble des archives par des liens de traçabilité. Précisons par ailleurs que cet outil d'aide au développement informatique offre au concepteur une panoplie de transformations qui automatise l'évolution du modèle depuis l'analyse jusqu'à la génération du prototype. CUIP et SDPM permettent ainsi d'améliorer la sémantique du modèle et, par conséquent, la qualité finale de l'application.