Le Ministère de l'agriculture a publié le 21 juin dernier un rapport présentant les nouvelles pratiques préconisées afin de d'adapter l'agriculture japonaise aux changements climatiques actuels. Les treize éléments traités dans le rapport (riz, blé, soja, mandarines, pommes, poires nashi, raisin de table, tomates, fraises, horticulture, thé, fourrage et élevage bovin) sont ceux qui jouent un rôle important dans l'agriculture nipponne et qui souffrent du réchauffement climatique de ces dernières années. Le but du Ministère est d'éviter de futures crises agricoles et alimentaires en réagissant suffisamment tôt, sans pour autant arrêter la lutte contre le réchauffement planétaire. L'augmentation de température théorique qui a été utilisée pour rédiger ce dossier est de +4°C.
Le Ministère recense globalement les mêmes problèmes pour l'ensemble des productions végétales : baisse de la qualité nutritive et visuelle du produit (céréales, fruits et légumes, horticulture), augmentation ou apparition de nouveaux insectes, parasites, maladies et adventices, problème de gel dû aux germinations précoces qui surviennent lors des hivers doux (blé, pommes, nashi, thé), dérèglement des floraisons et des sorties de dormance (nashi, raisin, fraises, horticulture), problèmes de fécondité des fleurs puis de croissance du fruit (mandarines, tomates, fraises), augmentation de verse due à l'élongation trop rapide du chaume pour le blé, régulation de l'irrigation rendue difficile par les alternances de périodes très sèches et très pluvieuses etc.
Chez les bovins, la chaleur fait baisser la quantité et la qualité du lait, provoque des problèmes de fécondité et augmente les infections par arbovirus conduisant à de nombreuses complications lors des mises-bas. De même pour les fourrages, les fortes températures entraînent sécheresse, diminution des rendements et de la qualité, ainsi qu'une dégradation de la qualité de l'ensilage.
Les solutions proposées par le Ministère de l'agriculture sont par exemple la sélection de variétés adaptées aux nouvelles conditions climatiques, la modification des techniques culturales (introduction d'une culture de protection pour le soja, utilisation de régulateur de croissance pour la verse des céréales, transfert des cultures dans des chambres froides nocturnes pour simuler la dormance), choix de la lutte intégrée pour limiter les produits phytosanitaires (pièges à phéromones, " souffleur " à insectes) etc. La mécanisation des espaces cultivés est également une bonne solution : installation de ventilateurs antigels dans les vergers, mise en place de filets pour ombrager les cultures, meilleure gestion de l'irrigation grâce à des systèmes de pompage/drainage, utilisation de serres autorégulées pour éviter les stress provoqués par les variations atmosphériques (gestion de la température, de la luminosité, de l'humidité etc.).
Pour les bovins, la meilleure solution est de diminuer la température dans les bâtiments d'élevage en combinant ventilateur et brumisateur, en favorisant les architectures et matériaux permettant une bonne ventilation etc. Le rapport propose l'utilisation systématique de la biomasse issue de l'élevage pour alimenter les appareillages électriques. Il est également capital d'apporter un soin tout particulier à l'hygiène des bêtes et de leurs aliments. Enfin, en ce qui concerne les fourrages, il est préconisé de modifier la composition floristique des pâtures, sélectionnant ainsi des variétés mieux adaptées aux fortes températures, voire même de passer en prairies artificielles dont la culture est plus simple, pour les graminées et les légumineuses.