Vattenfall Europe, filiale allemande du groupe énergétique suédois Vattenfall, a annoncé le 16 juillet dernier, le renvoi de Bruno Thomauske, directeur des activités nucléaires depuis 2003, ainsi que le départ du responsable de la communication. Ces événements font suite à des incidents survenus fin juin dans deux centrales du nord du pays, Krümmel et Brunsbüttel. La politique de communication adoptée par l'entreprise a subi depuis, des critiques de toutes parts.
Vattenfall Europe a également annoncé dans un communiqué la mise en place d'un groupe "d'experts de haut rang" qui doivent faire la lumière sur les incidents et proposer des "solutions de perfectionnement." Ce groupe disposera d'un budget de 5 millions d'euros. "Il s'agit de lever tous les doutes sur la sécurité des sites et sur les procédures", indique le communiqué. L'un des experts doit être nommé conjointement par le Ministère fédéral de l'environnement et les autorités locales.
Dans le cas de Krümmel, où un incendie de transformateur avait entraîné un arrêt d'urgence du réacteur, l'énergéticien s'est vu reprocher sa communication particulièrement lente et opaque. La police avait dû perquisitionner la centrale pour obtenir le nom du salarié qui pilotait le réacteur au moment de l'incident, le 28 juin. Vattenfall Europe a annoncé que le réacteur à Krümmel resterait arrêté "jusqu'à la résolution complète de toutes les interrogations."
Vattenfall Europe est, derrière RWE, E.ON et EnBW, le quatrième groupe énergétique en Allemagne en termes de quantité d'électricité vendue. En 2006, l'entreprise a réalisé un chiffre d'affaires de 11,1 milliards d'euros ainsi qu'un résultat opérationnel de 1,4 milliards d'euros. 60% de l'activité de l'entreprise est réalisée en Allemagne. L'entreprise exploite 3 centrales nucléaires en commun avec E.ON : Brunsbüttel (la part de Vattenfall est de 66,7%), Krümmel (50%) et Brokdorf (20%). Le siège de Vattenfall Europe est à Berlin, son Président Klaus Rauscher. La société mère Vattenfall (100% étatique) est située en Suède.