Le réchauffement climatique va vraisemblablement avoir des répercussions sur le type et la fréquence d'apparition des maladies infectieuses. L'OMS exhorte ainsi les autorités de santé européennes à s'y préparer.
La réapparition de pathologies infectieuses rayées de la carte européenne depuis des décennies est l'un des scénarios envisagés, associé à cette augmentation des températures. La Malaria tertiana, induite par l'agent pathogène Plasmodium vivax en est une illustration. Les cycles de reproduction de ce parasite et de son hôte vecteur l'anophèle, sont en effet intimement liés à la température. Cette forme de malaria, endémique dans le nord de l'Allemagne (région d'Emdener) jusque dans la moitié du 20ème siècle, est réapparue à la fin des années 1990 à Moscou lors de la migration d'Arméniens et de Tadjiks infectés. La majorité des zones humides de la capitale étant colonisée par le moustique anophèle, le développement de cette maladie s'en est trouvé favorisé.
La propagation d'agents pathogènes méridionaux vers des latitudes plus nordiques peut également être un effet généré par le réchauffement climatique. Un modèle mathématique prévoit ainsi la progression de la leishmaniose, présente en région méditerranéenne, vers la Suisse ou l'Autriche.
En outre, de façon concomitante à la hausse des températures, l'homme adopte un comportement à risque, multipliant les contacts avec la nature afin de profiter de la saison chaude qui se prolonge. L'augmentation des cas d'encéphalites, dans les pays scandinaves en tout début d'été depuis 1997, associé à la multiplication des tiques, en témoigne.
Si le réchauffement global présente certes nombre d'inconvénients, certains s'attachent cependant à lui concéder quelques avantages. De façon ponctuelle dans le cas de la tique, une période de grande sécheresse peut représenter une menace réelle pour sa survie et, de façon plus générale, les pathologies hivernales, principales maladies infectieuses sous nos latitudes, pourraient ainsi se faire plus rares.