Une équipe germano-turque a étudié l'influence de l'environnement sur la variabilité génétique chez des animaux de trois espèces (mouton, chèvre et boeuf) issus d'élevages localisés dans deux régions turques (Anatolie centrale et Sud-est Anatolien) et dans une région d'Allemagne (Baden-Württemberg). Cette étude révèle l'existence d'une évolution convergente du CMH (Complexe Majeur d'Histocompatibilité, lié au système immunitaire) du mouton, de la chèvre et du boeuf ; convergence interspécifique induite par l'environnement et en particulier par la défense contre les agents pathogènes.
L'étude a été réalisée en analysant le polymorphisme de l'ADN à l'aide de neuf marqueurs microsatellites (séquences d'ADN constituées de motifs répétés et dont le nombre de répétitions est variable entre individus) orthologues. Six d'entre eux étaient localisés dans une région du génome dont la variabilité représente notamment un moyen d'adaptation de l'espèce (le CMH) et les trois autres étaient localisés sur des chromosomes différents. A partir de ces marqueurs, le polymorphisme génétique a été apprécié par la détermination de la diversité allélique, du taux d'hétérozygotie et des distances génétiques (reflet de la fréquence des recombinaisons génétiques). Le principal résultat de l'étude a été de découvrir que, dans chacune des trois régions géographiques, les distances génétiques entre les espèces étaient plus proches lorsqu'elles étaient calculées à partir des microsatellites du CMH que lorsqu'elles l'étaient à partir des autres microsatellites.
Ce travail démontre par ailleurs l'efficacité d'une nouvelle approche d'étude de l'influence de l'adaptation sur la variabilité génétique.
Dr Hermann Geldermann (fachgebiet tierzüchtung und biotechnologie, Universität Hohenheim, Stuttgart, Germany) - Tel: + 49 711 4592470 - Email: tzunihoh@uni-hohenheim.de