Des scientifiques de l'Université Humboldt de Berlin et de l'Université de Göttingen sont parvenus à décoder le génome d'une bactérie utilisée comme engrais biologique. Cette bactérie "utile" appelée Bacillus amyloliquefaciens peuple l'entourage racinaire des végétaux et favorise leur croissance en mettant à la disposition des plantes des éléments nutritifs supplémentaires mais aussi complémentaires.
Il n'existe pas de grandes différences génétiques entre Bacillus amyloliquefaciens et les autres bactéries du sol. La particularité de son génome réside cependant dans la présence d'îlots génomiques, c'est-à-dire des régions instables du chromosome qui peuvent se transférer d'une bactérie à l'autre et ainsi accroître sa vitalité. Ces régions d'ADN spécifiques codent pour les protéines nécessaires au développement de Bacillus amyloliquefaciens au contact des racines végétales. En analysant ces îlots, les chercheurs ont découvert des groupes de gènes codant pour des molécules permettant de repousser les microorganismes concurrents, parmi lesquels figurent des bactéries et des champignons pathogènes pour les plantes. Ainsi en étudiant plus spécifiquement Bacillus amyloliquefaciens, on pourra comprendre davantage l'influence positive de ces bactéries sur la santé des végétaux.
Un engrais biologique à base de cette bactérie est déjà commercialisé par l'entreprise berlinoise ABITEP GmbH. Le séquençage de son génome laisse entrevoir aux industriels de nouvelles perspectives de développement à destination de l'agriculture biologique mais aussi conventionnelle.