Les exploitants allemands de centrales nucléaires ont entamé une campagne intitulée : "les gardiens du climat mal aimés de l'Allemagne". Selon eux, le plan énergétique allemand de protection climatique, qui conjugue essentiellement efficacité énergétique et développement des énergies renouvelables, ne saurait être viable sans un recours aux énergies conventionnelles. Or, il est difficile de concilier la construction de nouvelles centrales au charbon avec les directives du gouvernement sur la réduction des émissions de dioxyde de carbone. Par conséquent, les exploitants souhaitent montrer que le nucléaire représente une alternative énergétique crédible, en attendant que les énergies renouvelables et les nouvelles formes d'énergie puissent prendre une part plus importante dans le mixe énergétique.
Les chances d'un renouveau du nucléaire n'étaient pas si mauvaises, avant que ne survienne la série de pannes qui ont affecté les réacteurs de Krümmel et Brunsbüttel dans le Schleswig-Holstein. La loi allemande de sortie du nucléaire fixe à 2022 l'arrêt des derniers réacteurs allemands. Une série de démantèlements est donc à prévoir. Or, il faut compter environ 10 ans pour le démontage complet d'un réacteur. Et, comme ces réacteurs, les générations d'ingénieurs qui les ont développés vieillissent. On assiste parallèlement à une raréfaction de la main d'oeuvre qualifiée dans ce domaine. Aussi les experts mettent-ils en garde contre le risque d'un manque de personnel qualifié sur le marché du travail pour le démantèlement des réacteurs. Il y aurait près de 6.260 postes à pourvoir en 2010 parmi les diplômés universitaires.