Le chêne rouge est reconnu pour sa force et sa longévité. De nos jours, il est souvent planté dans les zones urbaines parce qu'il résiste bien à la pollution. Son bois lourd, dur et très résistant, sert autant à la menuiserie, à l'ébénisterie qu'au chauffage. Malheureusement, le chêne rouge peut être victime d'une maladie appelée l'encre du chêne rouge, causée par le microorganisme Phytophthora ramorum (P. ramorum). Depuis le milieu des années 1990, ce pathogène tue des dizaines de milliers de chênes sur la côte ouest de la Californie.
Le P. ramorum fut découvert en 1993, infectant les rhododendrons et les viornes en Europe. Depuis, il semble pouvoir infecter plus d'une centaine d'espèces de plantes. Suite à la découverte du pathogène en Californie, des mesures de quarantaine avaient été mises en place par les autorités américaines, surtout dans les pépinières, l'endroit le plus propice à sa prolifération. Au Canada, il a été retrouvé dans une pépinière en Colombie-Britannique pour la première fois en 2003, et à quelques autres reprises dans cette même province depuis, mais le pathogène ne s'est jamais propagé.
Une collaboration entre les chercheurs de l'Agence Canadienne d'Inspection des Aliments (ACIA), d'Agriculture et Agro-alimentaire Canada (AAC) et l'équipe de M. Richard Hamelin au Centre de Foresterie des Laurentides de Ressources Naturelles Canada (RNCan) est établie pour mettre au point un test de diagnostic moléculaire basé sur les séquences uniques d'ADN du pathogène. Ce test permet de le détecter en seulement quelques heures, à l'aide de sondes fluorescentes spécifiques à l'organisme. De plus, ce test peut être fait en série dans un laboratoire et traiter des milliers d'échantillons de façon précise et efficace.