Les pucerons sont des insectes majeurs. Ils constituent en effet une ressource alimentaire importante des écosystèmes et comptent parmi les principaux ravageurs des cultures en milieu tempéré. C'est pourquoi les chercheurs de l'Unité mixte de recherche "Biologie des organismes et des populations appliquée à la protection des plantes" du centre Inra de Rennes, en collaboration avec le consortium EXAMINE, le Rothamsted Research, l'Institut Français de la Biodiversité, Agroclim et Météo France étudient l'impact du réchauffement climatique sur les populations de pucerons. Cette étude s'appuie sur l'exploitation des données du réseau européen EXAMINE, mis en place dès 1968 et auquel participent les chercheurs de l'Inra.
Pour cette étude, les chercheurs ont retenu 8 sites de piégeage de ce réseau européen dans la région ouest, dont 4 sites français (Rennes, Colmar, Arras, Montpellier), 3 sites anglais et 1 site écossais. Précisons que ces sites de piégeage représentent des situations bio-géographiques contrastées et fonctionnent depuis un grand nombre d'années, entre 28 et 38 ans. Ce travail a montré notamment que le nombre d'espèces de pucerons a augmenté très sensiblement au cours des 40 dernières années, à savoir une espèce par an et par site étudié en moyenne. Deuxième impact majeur du réchauffement climatique observé dans le cadre de cette étude : l'allongement de la période d'activités des pucerons qui est d'environ un jour par an en moyenne. Ainsi, sur le site anglais de Rothamsted, les premières migrations de printemps des pucerons se situaient autour du 24 mai dans les années 60. Or elles se produisent actuellement autour du 7 mai. Soulignons que sur la quasi-totalité des sites d'EXAMINE, l'avance des premières migrations varie, selon les espèces et les sites, d'un jour tous les 5 ans à plus de 3 jours par an, soit de 1 à 10 semaines depuis les 40 dernières années.