Ayant pour signification "je plairai", le "placebo" séduirait-il uniquement par l'attente positive que se forge le patient vis-à-vis de ce "traitement" ou serait-il le fruit de mécanismes de conditionnement? Selon une étude menée conjointement par le Dr. Regine Klinger de l'Université d'Hambourg et les Prof. Margitta Worm et Dr. Stephanie Soost de l'hôpital de La Charité à Berlin, une pincée de ces deux ingrédients, générerait le résultat le plus probant. A l'occasion du congrès sur la douleur qui s'est tenu du 24 au 27 octobre à Berlin, ce travail vient d'être salué par le 2ème Prix de la recherche clinique, distinction associée à une dotation de 3.500 euros et remise chaque année par la Société allemande d'études sur la douleur.
96 personnes ont pris part à cette étude clinique visant "officiellement" à tester l'efficacité thérapeutique d'une crème antalgique. Les 3 phases de l'étude reprennent le même schéma expérimental : une série de stimuli douloureux réalisée avant et après application du fameux onguent. La 1ère phase a pour but d'étudier plus particulièrement l'attente positive du patient vis-à-vis du "médicament" testé. Pour cela, la moitié des participants a été informée de l'effet antalgique de la crème appliquée tandis que l'autre a été avertie de l'effet neutre de celle-ci. Les 2ème et 3ème phases de l'étude ont, quant à elles, pour ligne de visée de générer puis d'estimer l'effet du conditionnement des patients. Lors de la seconde phase de l'étude, les 2 groupes de participants (le 1er informé de l'effet antalgique et le 2nd averti de l'effet neutre du topique) reçoivent une 2ème série de stimulations d'intensité moindre que la précédente, afin que chacun puisse associer l'application de la crème à un effet antalgique. Les participants ainsi conditionnés sont ensuite soumis à la 3ème étape de l'étude dont l'objectif est d'évaluer l'effet de ce conditionnement.
A l'issue de cette étude, les scientifiques ont pu mettre en exergue un effet placebo significatif obtenu par la seule attente positive du patient vis-à-vis du traitement proposé (1ère phase de l'étude). De même, cet effet a pu être généré de façon sensible chez les participants informés de l'effet neutre de la crème mais conditionnés lors de la 2ème phase de l'étude. Ce sont enfin les participants qui s'étaient imaginés être traités par un topique antalgique mais ensuite "conditionnés", chez qui l'effet placebo s'est avéré le plus sensible et plus pérenne.