Celle-ci a été obtenue par Annelise Bennaceur-Griscelli, qui dirige la plate-forme "Cellules souches embryonnaires humaines" à l'Institut André Lwoff, et Olivier Féraud, de l'Unité Inserm 602/Paris-sud 11, en collaboration avec le professeur Gérard Tachdjian et le docteur Nelly Achour-Frydman, du Service d'histologie, embryologie-cytogénétique de l'hôpital Antoine Béclère, et le professeur René Frydman du Service de gynécologie obstétrique et médecine de la reproduction du même hôpital.
Rappelons que le terme de "cellules souches" désigne des cellules non spécialisées, capables de se multiplier à l'identique ou de se différencier, c'est-à-dire de se transformer en un ou plusieurs types de cellules. Ils en existent plusieurs sortes qui ne présentent pas le même potentiel. Ainsi les cellules souches d'un embryon présentent un intérêt beaucoup plus grand que celles d'un adulte du fait qu'elles sont encore capables de se transformer en n'importe quel type de cellule du tissu humain. Aussi l'étude de ces cellules dite "pluripotentes" offre-t-elle de formidables perspectives thérapeutiques.
Aujourd'hui en France, la loi autorise les chercheurs à travailler à partir d'embryons surnuméraires conçus dans le cadre d'une fécondation in vitro, que les parents choisissent de céder à la recherche. Mais encore faut-il pouvoir prélever suffisamment de cellules stables que l'on peut dupliquer à l'infini sans en modifier les caractéristiques. Les chercheurs parlent alors de lignée. Cette population homogène de cellules souches embryonnaires humaines qui vient d'être obtenue pour la première fois en France a été dérivée à partir d'un embryon issu d'une fécondation in vitro, ou FIV, porteur d'une anomalie chromosomique (monosomie 21 et trisomie 1), identifiée lors d'un diagnostic pré-implantatoire. Maintenue en culture pendant huit mois, la lignée obtenue possède la même anomalie chromosomique et exprime tous les marqueurs de pluripotence, les cellules pouvant se différencier en cellules du myocarde, du sang ou en neurones.
Mise à la disposition de tous les chercheurs qui souhaitent l'utiliser, cette lignée représente un remarquable succès. Cette première en France valide en effet la politique scientifique de développement de la plate-forme "ES-TEAM" sur les cellules souches embryonnaires humaines à l'Institut André Lwoff, en partenariat avec l'Inserm, le CNRS et l'AP-HP (Assistance Publique-Hôpitaux de Paris).