La Corée vient d'achever la construction de la structure test d'un réacteur à fusion nucléaire en utilisant un système magnétique avancé qui devrait faciliter la production de ce que les scientifiques considèrent comme une source potentielle d'énergie illimitée. Selon le National Fusion Research Institute (NFRI), le système du Korea Superconducting Tokamak Advanced Research (KSTAR) est le premier au monde à utiliser des câbles de niobum-3-étain (Nb3Sn). Ceux-ci ont la propriété de générer des plasmas denses à de très hautes températures.
Le KSTAR fera subir une réaction de fusion produisant des particules d'hélium et des neutrons. Une telle réaction permettra aux scientifiques de recréer, à l'échelle terrestre, ce qui s'apparente à un soleil artificiel. KSTAR est le 8ème réacteur de fusion nucléaire construit dans le monde mais il s'agit du premier à utiliser des câbles supra conducteurs à base d'étain pouvant créer des champs magnétiques 3 fois plus puissants et stables que ceux produits grâce aux anciens alliages niobium-titanium.
L'obtention d'un champ magnétique stable et puissant est essentiel à la création de plasma permettant les réactions de fusion génératrice d'énergie. KSTAR peut générer des champs magnétiques à des températures atteignant les 300 millions de degrés Celsius, ce qui est beaucoup plus que la température enregistrée au sein du noyau du soleil qui atteint les 15.000 degrés Celsius. C'est pour cette raison qu'un système magnétique à base de Nb3Sn sera également utilisé dans la construction du réacteur ITER, projet que la Corée a signé en 2006.
Des experts coréens du NFRI ont indiqué qu'une fois qu'il sera possible de générer des champs de fusion plasma ce qui est prévu pour mi-2008, il faudra ensuite les maintenir pendant au moins 300 secondes afin de recueillir et d'analyser le plus de données possibles. KSTAR est théoriquement capable de maintenir indéfiniment un champ de fusion plasma puisqu'il est équipé de câbles magnétiques supra conducteurs dont la température est maintenue à -268 degrés Celsius.
Selon le président du NFRI, M. SHIN Jae-In, les réactions de fusion sont 10 à 20 fois plus chères à réaliser avec les technologies actuelles que les réactions de fission nucléaire. Le rôle d'ITER est principalement de réduire les coûts d'obtention des réactions de fusion à des niveaux équivalents à ceux des réactions de fission. Le gouvernement coréen a déjà investi plus de 235 millions d'euros pour le développement de la technologie KSTAR et devrait dépenser encore 27 millions d'euros par an pendant les 18 années à venir pour mener des tests de fonctionnement.