La politique énergétique de l'Autriche est traditionnellement favorable aux énergies propres et renouvelables, le pays s'étant interdit de recourir au nucléaire (référendum de 1978 sur la centrale de Zwentendorf, débouchant sur la loi 'Atomsperrgesetz', renforcée en 1985 et 1999). Mais l'Autriche est partie intégrante d'EURATOM et finance donc aussi les activités nucléaires européennes. Pour ne pas se retrouver en porte à faux avec ses convictions, l'Autriche a profité de la présidence du conseil européen début 2006 pour influencer le contenu du 7ème programme cadre EURATOM. Ainsi, les actions directes d'EURATOM en recherche nucléaire, via le centre commun de recherche (JRC), se limiteront à la sûreté nucléaire lorsque le centre participera à l'initiative R&D du Forum international génération IV.
Quelques centres de recherche ou de coordination :
1- L'institut atomique de l'université technologique de Vienne gère l'unique réacteur autrichien en activité, le TRIGA Mark II. De faible puissance, 250 kW, il sert à produire des isotopes. Les équipes de l'institut travaillent surtout en physique nucléaire et en physique des particules (interaction forte : QCD / Lattice QCD). Elles étudient également les neutrons, le rayonnement, la chimie nucléaire et l'ingénierie nucléaire (techniques de mesure et sûreté). Les recherches de l'institut sont le plus souvent soutenues par le Fonds autrichien pour la recherche fondamentale (FWF), EURATOM, le PCRD ou l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
2- Les ARCS (Austrian Research Centers Seibersdorf) comptent deux activités liées au nucléaire : i) l'entreprise Nuclear Engineering Seibersdorf (NES) administre les déchets radioactifs produits en Autriche. Elle est sous contrat avec les ministères de l'Environnement et de la Technologie. NES coopère également avec l'AIEA, l'institut atomique et de nombreux centres étrangers ; ii) une division nouvellement créée est chargée de la sûreté radiologique, surtout dans la branche médicale.
3- L'Académie autrichienne des sciences (OAW) a mis en place une commission pour la coordination de la recherche sur la fusion nucléaire en Autriche. Les applications de la fusion au secteur de l'énergie nécessitant des compétences multidisciplinaires (plasma/matériaux), la commission supervise quatre projets de recherche, de près ou de loin liés à ITER, et coordonnés par les organismes suivants : l'institut de physique générale de la TU-Wien (surfaces/plasma), la société Plansee AG (matériaux) et l'institut des sciences des matériaux de l'OAW.
L'opposition au nucléaire ne fait pas débat en Autriche, la réduction des ressources fossiles et le changement climatique n'ont pas entamé les autrichiens dans leur conviction selon laquelle le nucléaire ne répond pas durablement aux enjeux climatique et énergétique. Ainsi le 8 novembre, une association autrichienne de protection de l'environnement, Global2000, a organisé avec le concours de la ville de Vienne, de Länder, et du ministère de la Science et de la recherche et du ministère de l'Environnement, une conférence sur le thème de l'avenir du nucléaire au cours de laquelle ont été débattus les modes d'action pour promouvoir la position autrichienne auprès des instances internationales.