Malgré le nombre grandissant de traitements contre le HIV, le virus devient résistant à certaines molécules. Pour être sûr de l'efficacité des traitements anti-HIV, une combinaison ou "cocktail" de médicaments doit être utilisée. Ces médicaments sont prescrits selon la progression individuelle du virus et l'évolution de sa résistance.
Des chercheurs européens et israéliens développent actuellement un système intégré financé sur des fonds européens pour la gestion clinique de la résistance aux médicaments anti-rétrovirus, appelé EuResist. Ce projet innovant donnera aux cliniciens les outils dont ils ont besoin pour prédire la réponse de leurs patients atteints, aux traitements rétroviraux. Ils pourront enfin être capable de sélectionner le meilleur médicament ou le meilleur cocktail pour traiter leurs patients. Le consortium utilise la technologie d'intégration de l'information biomédicale de EuResist pour collecter des données dans les trois plus grandes bases de données HIV en Europe: ARCA en Italie, AREVIR en Allemagne et le département de virologie clinique et de maladies infectieuses de Karolinska en Suède.
Parmi ces données se trouvent les information de réponse aux traitements, l'historique des traitements et la séquence de la partie pertinente du génome du HIV venant de plus de 17000 patients. La base de données grandit continuellement. Le travail mené par EuResist mènera à l'émergence d'un des plus grands services de données intégrées du monde.
Les partenaires de EuResist incluent notamment Informa Srl (Italie) comme coordinateur, IBM Haifa Research Lab (Israël), Karolinska (Suède), l'hôpital universitaire de Cologne (Allemagne), l'Institut de Recherche en Physique Nucléaire et des Particules RMKI (Hongrie) et la Fédération Européenne des Industries et Associations Pharmaceutiques (EFPIA)
Le professeur Maurizio Zazzi, coordinateur scientifique de EuResist et professeur de microbiologie à l'école de médecine de l'université de Sienne explique "si on regarde de près les données actuelles d'un patient : informations sanguines, stade du virus, historique familial, race etc., et qu'on les compare ensuite à des milliers de patients qui ont été traités depuis des années, on peut comprendre ce qui a été fait, ce qui a fonctionné ou pas". Il note que les données historiques aideront les partenaires du projet à prédire comment le virus réagira à certain cocktail.
Cette méthode ne représente pas seulement une économie importante, elle signifie également que les chances du patient ne dépendent pas seulement des connaissances d'un seul médecin.
A ce jour, le projet EuResist porte ses fruits. Les résultats montrent un taux de succès énorme de 75%. Les partenaires comparent actuellement les prédictions de traitements générés par le système avec des exemples passés, comme avec des données de patients actuels.