Des économistes et des neurologues de l'Université de Bonn ont mis en évidence une activité bien plus élevée du "centre de récompense" de notre cerveau chez la personne qui reçoit un plus gros salaire que son collègue. L'étude consiste à mettre deux hommes en compétition en leur demandant d'évaluer une quantité de points sur un écran et à apprécier leur activité cérébrale à l'aide de la technique d'imagerie par résonance magnétique (IRM) [1]. Si le sujet parvient à estimer correctement ce nombre de points, il reçoit une récompense allant de 30 à 120 euros. Ce dernier est également averti de la réussite de son collègue d'étude, et de sa gratification.
Dans le cas d'un test réussi par l'individu, une perfusion sanguine majorée témoignant d'un activité cérébrale augmentée a pu être mise en évidence, grâce à la technique IRM, au niveau du striatum ventral, région cérébrale au sein de laquelle siège une partie du fameux "centre de récompense". Les plus fortes activités ont été observées dans le cadre d'un sujet ayant passé le test avec succès et ayant été averti de l'échec de son collègue. Lorsque les deux sujets réussissent le test, et reçoivent la même gratification, l'activité cérébrale pour chacun d'entre eux reste relativement basse et d'ampleur comparable. Si pour une même réussite, l'un des deux sujets reçoit une récompense supérieure, ce dernier présente alors une activité cérébrale en forte hausse, alors que le sujet "lésé" enregistre, de son côté, une baisse notable.
Selon un schéma économique traditionnel, cette activité cérébrale ne devrait dépendre que de l'importance de la rémunération perçue par l'individu et la comparaison avec les autres sujets ne devrait pas jouer ce rôle moteur mis en exergue dans le cadre ces travaux de recherche. Les résultats obtenus contrastent donc avec cette théorie : même s'il est toujours plus apprécié de gagner 60 euros plutôt que 30, ceci étant également vérifié dans le cadre de cette étude, la réussite dans la compétition possède, en fait, une grande influence sur la motivation.